Irak - Falloujah: L'armée attend avant d'attaquer les jihadistes
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Irak - FalloujahL'armée attend avant d'attaquer les jihadistes

Cette annonce intervient après un assaut infructueux sur Ramadi et une frappe aérienne ayant tué 25 insurgés.

L'armée irakienne a affirmé mardi qu'elle n'allait pas mener dans l'immédiat l'attaque annoncée contre Falloujah afin d'épargner les civils.

Ces derniers jours, des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaïda, ont pris le contrôle de Falloujah et de plusieurs quartiers de Ramadi, à 60 et 100 km à l'ouest de Bagdad.

«Il est pour le moment impossible de lancer l'assaut sur Falloujah», a déclaré à la mi-journée un porte-parole du ministère de la Défense. Celui-ci a expliqué qu'il fallait éviter de «faire couler le sang de ses habitants».

Des renforts ont cependant continué mardi de prendre position autour de Falloujah, ville que de nombreux habitants ont fui ces derniers jours. Trois fortes explosions y ont retenti tôt mardi, selon un témoin.

Fortes tensions

Une attaque contre cette ville majoritairement sunnite risque en effet d'aggraver encore un peu plus les tensions entre la minorité sunnite dans le pays et le gouvernement dirigé par les chiites.

Une telle opération constitue en outre un défi de taille pour les forces irakiennes. Celles-ci n'ont encore jamais mené une opération de cette ampleur depuis le départ des derniers soldats américains il y a deux ans.

Dans la nuit de lundi à mardi, l'armée a ainsi échoué à pénétrer dans les zones contrôlées par l'EIIL dans le sud de Ramadi. «Les combats ont débuté à 23h00 (21h00 en Suisse) et se sont terminés à 06h00. Les forces de sécurité n'ont pas réussi à pénétrer dans ces zones dont l'EIIL a toujours le contrôle», a ajouté le porte-parole du ministère.

Selon un membre des forces de l'ordre, les services de sécurité, épaulés par des miliciens locaux, auraient toutefois repris le centre-ville lundi.

Ces combats ont fait quatre morts et 14 blessés parmi les civils, a déclaré le Dr Ahmed Abdel Salam, médecin à l'hôpital de Ramadi. Il ne disposait pas de bilan pour l'armée ou les jihadistes.

25 insurgés tués

Dans la journée de mardi, l'armée de l'air a mené une frappe contre des jihadistes repérés sur une place de Ramadi à bord de véhicules «chargés d'armement lourd», selon M. Askari. Celui-ci a fait état de 25 insurgés tués.

Depuis vendredi, les autorités ont annoncé plus de 230 morts dans les violences autour de Falloujah et Ramadi, essentiellement des jihadistes.

Plusieurs hauts responsables irakiens ont prévenu que les forces de sécurité préparaient une attaque majeure contre Falloujah. Mais le Premier ministre Nouri al-Maliki a appelé lundi les tribus sunnites lourdement armées de la région à chasser elles-mêmes les «terroristes» pour éviter l'assaut.

Ville sous contrôle des tribus

Un responsable tribal de Falloujah, cheikh Ali al-Hammad, a ensuite affirmé que les combattants de l'EIIL avaient quitté la ville, où les seuls hommes armés encore présents étaient «des fils des tribus».

A Washington, le Pentagone a annoncé une accélération des livraisons déjà prévues de missiles et de drones de surveillance à l'Irak. Dimanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait apporté un soutien réservé aux autorités irakiennes dans ce «combat qu'elles doivent à terme gagner elles-mêmes».

Haut lieu de l'insurrection

Après 2003, la province d'Al-Anbar, dont Ramadi est le chef-lieu, a été un haut lieu de l'insurrection. Les forces américaines et irakiennes en avaient repris le contrôle, en particulier après que les Etats-Unis avaient réussi à rallier les tribus sunnites à partir de la fin 2006.

Mais les fidèles d'Al-Qaïda sont revenus en force, en s'appuyant sur leur présence dans le conflit syrien voisin et sur le mécontentement croissant de la minorité sunnite irakienne. Celle-ci accuse M. Maliki, un chiite, d'accaparer le pouvoir et de stigmatiser les sunnites. (ats)

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