Actualisé 21.09.2017 à 07:58

BirmanieL'armée bangladaise à la rescousse des Rohingyas

Les militaires distribueront de l'aide humanitaire aux Rohingyas et aideront à construire des abris.

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Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

AFP
L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

Keystone
Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

AFP

Le Bangladesh a ordonné mercredi à ses forces armées de s'impliquer dans la distribution d'aide humanitaire et la construction d'abris pour les réfugiés rohingyas. La Première ministre Sheikh Hasina a renouvelé son appel à Rangoun à les réadmettre.

L'armée bangladaise va être immédiatement déployée dans la région de Cox's Bazar, a annoncé Obadiul Quader, influent ministre du gouvernement de Sheikh Hasina et deuxième plus haut responsable du parti au pouvoir l'Awami League. Plus de 420'000 Rohingyas y ont trouvé refuge pour fuir les violences en Birmanie voisine.

«En l'état actuel, la présence de l'armée est requise pour assurer l'ordre», a-t-il déclaré alors que l'afflux de réfugiés déborde autorités locales et organisations internationales dans la pointe sud-est du pays, où les camps ont depuis longtemps dépassé leurs capacités d'accueil.

«La présence de l'armée sur place est particulièrement nécessaire pour construire des abris, ce qui est une tâche très lourde, et assurer l'hygiène», a-t-il ajouté.

Les Rohingyas affluent au Bangladesh

Plus de 200 réfugiés rohingyas arrivent au Bangladesh en à peine une heure à la frontière avec la Birmanie.

Cette décision marque une étape dans l'implication grandissante de l'armée bangladaise dans cette crise humanitaire. La semaine dernière, les autorités avaient commencé par lui confier la tâche d'acheminer l'aide internationale jusqu'à la zone des camps.

Rangoun doit reprendre les Rohingyas

La Première ministre a renouvelé son appel à la Birmanie à réadmettre les réfugiés rohingyas. Mme Hasina se trouve cette semaine à New York pour assister à l'Assemblée générale de l'ONU et doit s'exprimer jeudi à la tribune.

«Nous avons dit à la Birmanie 'ils sont vos citoyens, vous devez les reprendre, assurer leur sécurité, les abriter, il ne devrait y avoir ni oppression ni torture», a déclaré la Première ministre d'un pays parmi les plus pauvres de la planète. Elle s'exprimait lors d'une rencontre mardi soir avec ses compatriotes à New York, selon des propos rapportés par les médias bangladais.

Plus tôt dans la journée, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'était dite «prête» à un retour de réfugiés rohingyas, mais selon des critères qui restaient ambigus.

Mines le long de la frontière

Malgré les efforts diplomatiques pour assurer le rapatriement de Rohingyas en Birmanie, qui les considère comme des étrangers, «le gouvernement birman ne répond pas aux appels. À la place, la Birmanie dispose des mines antipersonnel le long de la frontière pour empêcher le retour des Rohingyas dans leur pays natal», a déploré Sheikh Hasina.

À une conférence de nations à majorité musulmane en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, la dirigeante bangladaise a estimé que Naypyidaw menait une campagne de propagande en dépeignant les Rohingyas comme des «Bengalis». Elle a aussi demandé que leur soit octroyée la nationalité birmane - qu'une loi de 1982 leur a retirée. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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