Actualisé 09.07.2014 à 11:58

Irak

L'armée découvre un charnier de 53 cadavres

Les corps ont été retrouvés dans des vergers dans le centre du pays. Ces hommes ont tous été abattus d'une balle dans la tête ou dans la poitrine, alors qu'ils étaient ligotés.

Les forces de sécurité irakiennes ont découvert mercredi les corps de 53 hommes, ligotés et exécutés, près de Hilla, dans le centre du pays, ont annoncé des sources policière et médicale.

Les corps, découverts dans des vergers au sud de Hilla, portaient tous des impacts de balles dans la tête ou dans la poitrine, selon une source policière et un employé de la morgue. Selon ce dernier, les décès remontent à au moins une semaine.

Les raisons de ce massacre n'étaient pas claires dans l'immédiat, selon ces deux sources. Même si la province de Babil, dont Hilla est le chef-lieu, a été le théâtre de combats dans le cadre de l'offensive fulgurante lancée il y a un mois par des insurgés sunnites, la zone où les cadavres ont été retrouvés n'avait pas subi les violences récentes.

Processus en panne

Les insurgés sunnites, menés par les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI), se sont emparés de larges pans de territoires dans le nord, l'ouest et l'est de l'Irak.

Après une débandade initiale, l'armée semble se ressaisir, grâce en partie au soutien de milices chiites, mais peine à regagner du terrain.

Les violences ont poussé des centaines de milliers de personnes à fuir leur foyer. Sur le plan politique, le processus pour la formation d'un gouvernement est en panne, le Parlement issu des législatives d'avril ayant reporté à deux reprises des sessions cruciales, sur fond de divisions communautaires, alors que les Kurdes veulent faire sécession.

(afp)

Les responsables appellent à l'aide

Les principaux responsables chrétiens d'Irak ont appelé mercredi à Bruxelles l'Union européenne à s'engager pour éviter «une guerre civile» qui menacerait les chrétiens, «une minorité très fragile». «Les Européens ont un devoir moral vis-à-vis de l'Irak», a déclaré le patriarche de l'Eglise chaldéenne en Irak, Louis Sako, devant la presse.

«Nous attendons qu'ils s'engagent pour sauver ce qui peut être sauvé», en aidant «à trouver une solution politique» à la crise et à «éviter qu'elle ne s'aggrave en guerre civile», a ajouté Mgr Sako, présent à Bruxelles pour s'entretenir avec de hauts responsables de l'UE, dont le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Mgr Sako s'est déclaré «très inquiet» de la situation des chrétiens qui continuent à fuir les zones conquises par les insurgés jihadistes dans le nord.

Kurdes accusés par le Premier ministre irakien

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a accusé mercredi la région autonome du Kurdistan irakien dans le nord du pays d'abriter des jihadistes qui ont lancé il y un mois une offensive fulgurante s'emparant de pans entiers de l'Irak. «Nous ne pouvons pas rester silencieux devant le fait qu'Erbil (le capitale du Kurdistan irakien) est devenue un quartier général pour l'Etat islamique (EI), le parti Baas, Al-Qaïda et pour des opérations terroristes», a déclaré M. Maliki dans son allocution télévisée hebdomadaire.

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