Actualisé 29.03.2017 à 17:55

Australie

L'armée déployée en «zone de guerre» après Debbie

Dévasté par le cyclone Debbie, le nord de l'Australie s'est réveillé mercredi en «zone de guerre». L'armée a été déployée pour fournir une aide d'urgence aux habitants.

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Deux femmes sont décédées lorsque le cyclone Debbie a balayé le Queensland.

Deux femmes sont décédées lorsque le cyclone Debbie a balayé le Queensland.

AFP
Un requin-bouledogue a été retrouvé sur la route après le passage du cyclone Debbie (31 mars 2017).

Un requin-bouledogue a été retrouvé sur la route après le passage du cyclone Debbie (31 mars 2017).

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Les autorités australiennes ont mis en garde la population contre les risques de tomber nez à nez sur des animaux sauvages, suite aux graves inondations. Jeudi, un énorme requin-bouledogue s'est échoué sur une route. (31 mars 2017)

Les autorités australiennes ont mis en garde la population contre les risques de tomber nez à nez sur des animaux sauvages, suite aux graves inondations. Jeudi, un énorme requin-bouledogue s'est échoué sur une route. (31 mars 2017)

AFP

Des villes privées d'électricité et coupées du monde, des toits arrachés et des yachts échoués: le nord de l'Australie ressemblait mercredi à «une zone de guerre» après avoir été ravagé par le puissant cyclone Debbie.

Les secours ont commencé à évaluer les dégâts. L'armée, aidée par des hélicoptères et des avions, s'est déployée pour aider à la réfection des infrastructures et fournir une aide alimentaire d'urgence, de l'eau et du pétrole.

Le cyclone de catégorie 4 a déferlé sur l'Etat du Queensland, touchant terre entre Bowen et Airlie Beach. Debbie était accompagné de vents destructeurs qui ont ravagé certains des sites les plus touristiques de la région. Il a depuis été rétrogradé en dépression tropicale mais le Bureau australien de la météorologie a mis en garde contre la possibilité de violentes rafales et de pluies «intenses» qui devraient «provoquer des crues».

Les routes menant à Bowen, Airlie Beach et Proserpine étaient coupées en raison de chutes d'arbres. Plus de 60'000 foyers étaient privés d'électricité et les communications étaient rompues dans de nombreux endroits. Le cyclone semble pour l'instant n'avoir pas fait de morts. Un homme a été grièvement blessé mardi dans l'effondrement d'un mur.

«Iles touristiques durement touchées»

La Première ministre du Queensland Annastacia Palaszczuk, qui s'est rendue par hélicoptère à Bowen, a estimé que les évacuations préventives de dizaines de milliers de personnes avaient permis de sauver des vies.

«Les dégâts ne sont pas aussi étendus ici que ce qu'on craignait initialement mais bien sûr, de nombreux arbres sont à terre, nous avons vu des toits arrachés des maisons», a-t-elle déclaré avant de partir pour Proserpine.

Des îles prisées des touristes étrangers car proches de certains sites de la Grande barrière de corail ont été durement touchées.

L'hôtel Daydream Island Resort a expliqué avoir subi énormément de dégâts, en particulier sur son embarcadère et ses chambres. «Les conditions étaient extrêmes, avec des pluies abondantes et des violentes rafales de vents qui ont endommagé l'hôtel et ses alentours», a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant que tous ses clients répondent à l'appel. Le lever du jour a permis de constater l'étendue des dégâts dans certains endroits.

Le cyclone vu de la Station spatiale internationale

«Zone de guerre»

Le maire du conseil régional de Whitsunday Andrew Willcox a décrit Bowen comme «une zone de guerre». «Cette ville côtière est à moitié ravagée mais nous allons la reconstruire», a-t-il dit à la télévision Channel Nine.

Dans la localité minière de Collinsville, des toits ont été arrachés, selon la presse locale. «Je suis en morceaux, émotionnellement et physiquement. J'ai passé les pires 24 heures de ma vie», a déclaré une habitante à la Australian Broadcasting Corporation.

La tempête était accompagnée de rafales soufflant à 270 km/heure. (ats)

Pourquoi Debbie s'appelle-t-il Debbie?

C'est l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui gère la procédure de désignation des tempêtes. «Cette pratique de donner des prénoms aux tempêtes (cyclones tropicaux) est apparue il y a des années afin de faciliter leur identification rapide pour les messages d'alerte, car les prénoms sont censés être plus facilement mémorisables que les nombres ou les termes techniques», dit l'OMM sur son site internet.

Initialement, les choix étaient arbitraires mais vers le milieu du siècle dernier, la pratique de donner aux tempêtes des prénoms féminins s'est généralisée. Puis, à la suite de plaintes d'associations féministes, noms masculins et féminins ont été utilisés en alternance. Les listes sont alphabétiques.

Pour la saison 2016/17, le premier sur la liste était Yvette. Avant Debbie, il y eu Caleb, Blanche et Alfred, et le prochain cyclone tropical s'appellera Ernie, qui sera suivi de Frances, Greg et Hilda.

Le Bureau de la météorologie a «suffisamment de noms sur sa liste pour durer au moins 10 ans», a expliqué la météorologiste Andrea Peace. «Les prénoms peuvent être réutilisés mais quand ils ont fait un grand nombre de victimes ou beaucoup de dégâts, comme Tracy en 1974 et Larry en 2006, ils sont rayés pour de bon de la liste», ajoute-t-elle. De même, «si le prochain nom sur la liste est celui d'une personnalité de premier plan, on saute son tour pour éviter toute confusion ou offense».

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