Centrafrique: L'armée française a commencé son opération
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CentrafriqueL'armée française a commencé son opération

Des tirs sporadiques d'armes automatiques ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bangui, alors que les troupes françaises s'apprêtaient à intervenir.

Les rues de Bangui étaient calmes vendredi matin, avant l'intervention française.

Les rues de Bangui étaient calmes vendredi matin, avant l'intervention française.

L'opération militaire française en Centrafrique, qui doit mobiliser à terme 1200 soldats, a débuté avec des patrouilles dans Bangui, a annoncé vendredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

«L'opération a commencé» et les forces françaises présentes en Centrafrique «ont développé des patrouilles dans Bangui», a affirmé le ministre à Radio France Internationale. L'ONU avait donné son feu vert jeudi à l'intervention française.

«Une compagnie est arrivée de Libreville hier soir et aujourd'hui un détachement d'hélicoptères sera sur la zone», a encore déclaré le ministre. Une compagnie de l'armée française comprend généralement quelque 150 hommes.

Assurer une «sécurité minimum»

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d'assurer «une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui». Elle passe «par la sécurisation des rues, des itinéraires principaux pour permettre aux gens d'aller même à l'hôpital», a souligné Jean-Yves Le Drian.

Parallèlement, il s'agit «que les forces africaines soient en situation d'assurer la sécurité du territoire en attendant la transition politique», a ajouté le ministre.

Après le feu vert de l'ONU, le président français François Hollande avait annoncé jeudi soir une action militaire «immédiate» en République centrafricaine, en proie au chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé.

Tirs sporadiques durant la nuit

Des tirs sporadiques d'armes automatiques ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bangui, placée sous couvre-feu, et qui présentait au petit matin un visage de ville déserte, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Aucun bilan d'éventuelles victimes de ces tirs, qui dans certains quartiers, ont cessé à l'aube, n'était disponible dans l'immédiat.

«On ne sait pas pourquoi ils tiraient. On n'a pas entendu parler d'incidents», a expliqué un habitant du quartier de Ben Zvi.

Levée du couvre-feu

Malgré la levée du couvre-feu à 6h, les rues étaient totalement vides en tout début de matinée. Contrairement à la veille où ils avaient patrouillé dans la ville toute la journée, les pick-up bondés de soldats se faisaient discrets.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert jeudi à une force composée de soldats africains et français pour rétablir l'ordre en Centrafrique.

Le président français François Hollande a annoncé dans la soirée une action militaire «immédiate» de la France après le vote de l'ONU.

Violents affrontements jeudi

Jeudi, avant à l'aube, de violents affrontements ont éclaté dans le nord de la capitale. «Des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l'ex-Séléka (ex-rébellion, au pouvoir) ont rétorqué», selon Médecins sans frontières (MSF).

Dans l'après-midi, les journalistes de l'AFP ont comptabilisé au moins 54 cadavres rassemblés dans une mosquée du centre-ville, et 25 cadavres gisant dans les rues voisines, abandonnés sur le bas-côté. Les corps portaient des marques de blessures à l'arme blanche et par balle. A l'hôpital communautaire de Bangui, MSF avait recensé 50 morts en fin de journée.

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et interreligieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka. (ats/afp)

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