Actualisé 04.12.2006 à 11:12

L'armée libanaise déploie des renforts à Beyrouth

Des renforts de l'armée libanaise ont été déployés lundi à Beyrouth, au lendemain de la mort d'un manifestant chiite antigouvernemental.

L'homme a été abattu dans un quartier sunnite et douze autres personnes ont été blessées.

Les renforts ont été dépêchés dans les quartiers sunnites que les manifestants chiites traversent pour atteindre le centre de la capitale, ont indiqué des sources militaires. Ces quartiers ont été dimanche le théâtre de plusieurs incidents entre la population et les manifestants prosyriens.

La fusillade s'est produite dans le quartier de Kaskas, un bastion de la majorité antisyrienne dirigée par le premier ministre Fouad Siniora. Selon la police, les affrontements ont éclaté après des jets de pierre sur le convoi du Hezbollah qui revenait du centre-ville.

Accusations

L'opposition a accusé lundi dans un communiqué les partisans du gouvernement de s'être «livrés à des provocations qui ont fait un premier martyr». La télévision Al-Mostaqbal, organe du Courant du futur, le parti du chef de la majorité Saad Hariri, a indiqué de son côté que l'armée avait appréhendé trois «provocateurs syriens» alors qu'ils jetaient les pierres sur le convoi du Hezbollah.

Ces troubles font craindre que ne dégénèrent les manifestations organisées par l'opposition prosyrienne en vue d'obtenir la démission du gouvernement. Lundi, de nombreux magasins et de nombreuses banques n'ont pas ouvert dans le quartier commercial de la capitale.

Les responsables des deux camps ont cependant appelé à la retenue alors que la vague de manifestations semblait s'étendre à d'autres régions du Liban, notamment à Tripoli (nord) et dans des régions sunnites de la plaine centrale de la Békaa où des rassemblements pro-majorité ont eu lieu dimanche.

«Espoir d'une solution»

Dans ce climat très tendu, Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a multiplié les contacts avec les protagonistes afin de trouver une formule permettant de sortir de la crise. «La situation est dangereuse», a-t-il reconnu dimanche soir, après une série de rencontres et de contacts avec notamment Fouad Siniora, le président du parlement et chef du mouvement chiite Amal (opposition) Nabih Berri et des responsables du Hezbollah chiite.

Avant de quitter Beyrouth lundi, M. Moussa a aussi examiné la situation avec le président libanais Emile Lahoud, proche de Damas. Il a souligné que sa mission de médiation en était encore à ses débuts et qu'il allait revenir car il entrevoyait «l'espoir d'une solution».

(ats)

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