L'armée libanaise reprend le sud
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L'armée libanaise reprend le sud

L'armée libanaise est revenue jeudi au Liban-sud, une région qui lui échappait depuis près de 40 ans.

Israël retirait progressivement ses troupes de la zone au quatrième jour de trêve avec la milice chiite du Hezbollah.

Les soldats libanais avaient pris position en milieu de journée dans une trentaine de villages, dont plusieurs à la frontière avec Israël, et s'apprêtaient à prendre le contrôle du terrain transféré dans l'intervalle par l'armée israélienne, à mesure de son retrait, à la force des Nations unies.

L'armée israélienne a transféré depuis mercredi la moitié des zones où elle s'était déployée, en un mois d'offensive infructueuse contre le Hezbollah au Liban-sud, à la Force intérimaire des Nations unies (FINUL).

Participation suisse pas exclue

Les premiers éléments de cette force, dans sa version élargie, sont attendus au Liban «en début de semaine prochaine», a annoncé le commandant des Casques Bleus au Liban, le général français Alain Pellegrini. Les pays contributeurs tentent toujours d'en préciser le mandat exact et devaient se réunir jeudi à l'ONU à New York.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, a déclaré que l'ONU voyait la FINUL élargie comme une «force musclée et bien équipée» mais non «offensive». La France a annoncé jeudi soir l'envoi de 200 soldats en renfort d'urgence. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué jeudi que la Suisse n'excluait pas une participation à la force.

Le général Pellegrini a expliqué que les forces israéliennes se retiraient graduellement du Liban-sud, chaque secteur étant remis à la FINUL.

La force de l'ONU doit ensuite transférer le contrôle du terrain à l'armée libanaise, dont 6000 hommes étaient mobilisés pour cette première phase du déploiement.

Vols commerciaux

Profitant de la trêve qui tient depuis lundi, un flot toujours très dense de réfugiés, mêlés aux convois militaires, continuait jeudi de descendre vers le sud.

Près d'un million de personnes ont été déplacées par le conflit, depuis le 12 juillet. Les organisations humanitaires ont elles multiplié jeudi les initiatives pour aider les habitants du Liban- sud.

L'aéroport de Beyrouth, détruit par les bombardements, a accueilli jeudi deux premiers vols commerciaux venant d'Amman, en Jordanie. Israël a autorisé désormais quatre navettes par jour entre les deux villes.

Tôt le matin, plusieurs colonnes militaires libanaises étaient descendues vers les secteurs frontaliers, franchissant le fleuve Litani, frontière naturelle avec le Liban-sud, au nord de Tyr, sur la côte méditerranéenne, et au nord de Marjayoun, à l'est.

Cuivres et tambour

C'est dans cette petite ville à 7 kilomètres de la frontière israélienne que doit s'installer le quartier général de la future force de l'ONU. Plusieurs centaines de soldats de la 10e brigade d'infanterie, forte de 2500 hommes, y sont arrivés jeudi matin.

Au son des cuivres et du tambour, un jeune sergent libanais a hissé à 09h41 le drapeau rouge et blanc sur la caserne, qui a vu défiler tous les belligérants au Liban-sud depuis près de quarante ans.

«Les forces israéliennes avaient oublié que notre armée était soutenue par son peuple et par la résistance», a lancé solennellement le général Charles Chikhani, commandant de la 10e brigade.

«Votre présence ici est la victoire du peuple», a-t-il déclaré face à ses hommes.

Prévu par la résolution 1701

D'autres convois ont franchi, à Qasmiyé, dans l'ouest, un pont sur l'embouchure du Litani, pour gagner Tyr et se diriger vers le sud le long du littoral.

L'armée libanaise a perdu l'essentiel de son influence depuis plusieurs décennies dans le sud du pays, passé en 1968 sous le contrôle de groupes palestiniens jusqu'à l'invasion israélienne de 1982, puis, à mesure du retrait israélien, sous celui des milices chiites en lutte contre l'Etat hébreu, qui avait achevé de quitter le Liban-sud en mai 2000.

Le retour de l'armée dans le sud était prévu par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin à un mois de guerre entre Israël et le Hezbollah, maître du terrain depuis six ans. Au total, 15 000 soldats libanais doivent être déployés au Liban-sud aux côtés de la FINUL. (ats)

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