L'armée libanaise se déploie dans le pays
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L'armée libanaise se déploie dans le pays

L'armée libanaise s'est déployée mardi dans plusieurs zones en proie aux tensions dans le pays, dont Beyrouth et Tripoli, et a averti que ses soldats auraient recours à la force si nécessaire pour rétablir l'ordre.

La mesure est entrée en vigueur à 6h locales (3h GMT) mardi. L'armée a souligné que ses soldats empêcheraient l'usage illégal des armes à feu dans le pays, une tâche dantesque étant donné l'arsenal dont dispose le Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran.

«Les unités de l'armée empêcheront toute violation, que ce soit par des individus ou des groupes, en accord avec la loi, même si cela doit conduire à l'usage de la force», a indiqué l'armée, précisant qu'elle empêcherait que des individus armés ne se promènent dans les rues.

Lundi, le président américain George W. Bush avait apporté son soutien à l'armée libanaise dans un entretien à la chaîne de télévision Al-Arabiya, précisant que Washington continuerait de lui fournir des équipements et de former des hommes. Il avait aussi appelé les pays arabes à soutenir le Premier ministre Fouad Siniora, expliquant que les Etats-Unis maintiendraient la pression sur Téhéran et Damas.

Les affrontements entre partisans du gouvernement et militants de l'opposition emmenée par le Hezbollah, qui ont repris le 7 mai, ont fait 54 morts. Il s'agit des violences les plus meurtrières depuis la fin des 15 ans de guerre civile en 1990.

Pour trouver une issue à la situation, la Ligue arabe a dépêché une délégation attendue cette semaine à Beyrouth. Soulignant le «rôle important de l'armée», le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé mardi que la délégation permettra notamment de faire avancer les discussions au Conseil de sécurité des Nations unies en vue d'une éventuelle résolution.

«A mon avis elle (la résolution, NDLR) ne sera pas déposée avant que l'on connaisse les premiers résultats de l'initiative de la Ligue arabe», a déclaré M. Kouchner lors d'une conférence de presse au Quai d'Orsay. «Je ne pense qu'on puisse avant après-demain avoir quelque chose de clair», mais «nous n'avons pas renoncé au Conseil de sécurité», a-t-il assuré.

Si elle a permis de calmer les violences, l'armée est restée neutre, de peur notamment que ses soldats ne se divisent en fonction de leur bord politique. Présenté comme le candidat du consensus pour le scrutin présidentiel -reporté cette semaine pour la 19e fois- en raison de la crise politique qui paralyse le pays depuis 17 mois, le chef de l'armée, le général Michel Souleimane, pourrait voir sa stature renforcée si l'intervention de l'armée pouvait effectivement permettre le retour au calme.

La situation libanaise a également eu des répercussions dans la région mardi, l'Arabie saoudite accusant l'Iran de soutenir le «coup d'Etat» du Hezbollah. Riyad a estimé que la position iranienne affecterait les relations de Téhéran avec l'ensemble des pays arabes et musulmans.

«Bien sûr que l'Iran appuie ce qui se passe au Liban, un coup d'Etat, et le soutient. Cela affectera ses relations avec tous les pays arabes, même les musulmans», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal.

L'Iran et la Syrie, pays à majorité chiite, appuient le Hezbollah, mais démentent toute ingérence dans les affaires intérieures libanaises. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réagi mardi en affirmant que Téhéran était le seul pays à ne pas se mêler des affaires libanaises.

Le chaos règne à Beyrouth

(ap)

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