Actualisé 27.12.2013 à 14:47

Thaïlande

L'armée n'exclut pas un coup d'Etat

L'armée thaïlandaise a pour la première fois laissé entendre vendredi qu'elle n'excluait pas d'intervenir.

Elle s'était cantonnée jusqu'à présent dans une stricte neutralité dans le conflit opposant gouvernement et opposition. «La porte n'est ni ouverte ni fermée», a répondu le général Prayuth Chan-ocha, chef d'état-major des armées, lorsque des journalistes l'ont interrogé sur l'éventualité d'un coup d'Etat militaire. «Tout peut arriver. Cela dépend de la situation. Nous essayons de faire ce qui est juste, de manière pacifique, et nous appelons à la négociation», a-t-il ajouté.

Le changement d'attitude des militaires constitue un coup dur pour la chef du gouvernement, Yingluck Shinawatra, en butte à une opposition résolue à la chasser du pouvoir et qui a décidé de boycotter des élections anticipées prévues pour le 2 février.

Des militaires pour assurer la sécurité

Quelques heures avant les déclarations du chef des armées, le gouvernement thaïlandais a annoncé qu'il allait faire appel aux militaires pour assurer la sécurité samedi la sécurité des personnes souhaitant poser leur candidature.

«Nous discuterons également de la manière dont peut être assurée la sécurité des gens qui viendront voter le 2 février», a indiqué le vice-Premier ministre Surapong Tovichakchaikul.

Le gouvernement a rejeté jeudi la demande de la Commission électorale de reporter le scrutin, alors qu'un policier a été tué et trois autres blessés par balle lors d'affrontements avec des manifestants qui tentaient d'empêcher des inscriptions de candidats au scrutin.

Les conservateurs du Parti démocrate, principale formation de l'opposition, refusent l'organisation du scrutin, qui aboutirait probablement à une victoire du parti Pheu Thai de la cheffe du gouvernement Yingluck Shinawatra.

Malgré les appels du pied de l'opposition, l'armée était pour l'instant restée neutre dans le conflit en cours, tout en proposant de servir de médiateur. Mais selon trois sources proches des milieux militaires, deux des prédécesseurs du général Prayuth, qui continuent d'exercer une grande influence, ont exprimé leur soutien au manifestants antigouvernementaux.

«Conseil populaire» non élu

Menés par Suthep Thaugsuban, ancien cadre du Parti démocrate, les manifestants veulent instaurer un «Conseil populaire» non élu, jugeant que le camp de Mme Shinawatra pervertit la démocratie. (ats)

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