Actualisé 02.10.2011 à 20:29

Syrie

L'armée prend Rastane

L'opposition syrienne constitué dimanche un «Conseil national syrien» réunissant les courants politiques opposés au régime. L'armée s'est déployée massivement à Rastane.

«Le Conseil national syrien est le cadre qui réunit les forces de l'opposition et de la révolution pacifique», a dit Burhan Ghalioune. Cet universitaire a lu le manifeste fondateur du Conseil devant des journalistes, qualifiant sa création d'»historique».

Le Conseil «oeuvre pour mobiliser toutes les catégories du peuple syrien et apporter le soutien nécessaire à la marche de la révolution et la réalisation des espoirs et attentes de notre peuple pour le renversement du régime et de ses symboles y compris la tête de ce régime», a-t-il ajouté.

«Le Conseil syrien est ouvert à la participation de tous les Syriens. C'est un Conseil indépendant qui incarne la souveraineté du peuple syrien dans sa lutte pour la liberté», a ajouté cet opposant basé à Paris.

Toutes tendances politiques

Ce Conseil réunit toutes les tendances politiques, notamment les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.

Il a lancé un appel à la communauté internationale pour protéger le peuple de Syrie. Depuis samedi, la coalition la plus large et la plus représentative de l'opposition menait des tractations à huis clos pour obtenir le ralliement d'opposants, alors que les violences s'amplifiaient à travers le pays.

Quatre jours de pilonnage à Rastane

Sur le terrain, les forces armées se sont massivement déployées dimanche à Rastane, dans la région de Homs, à 160 km au nord de Damas. Depuis plusieurs jours, des affrontements s'étaient transformés en une véritable guerre entre militaires et déserteurs.

«L'armée syrienne contrôle entièrement Rastane, et 50 chars ont quitté dimanche Rastane», a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni.

«De nombreuses maisons y ont été détruites et la situation humanitaire est très mauvaise. Nous avons des informations sur des dizaines de civils tués puis enterrés dans les jardins des maisons pendant les quatre jours de pilonnage de la ville par l'armée», a ajouté l'OSDH.

Vendredi soir, des officiers déserteurs avaient annoncé dans un communiqué leur retrait de Rastane. «En raison des renforts importants et des armes utilisées à Rastane par les gangs d'Assad (...), nous avons décidé de nous en retirer afin de mieux poursuivre la lutte pour la liberté», ont-ils expliqué.

Mobilisation des universités

Ailleurs, les corps de trois civils détenus depuis jeudi ont été remis dimanche à leurs familles à Khan Cheikhoune, dans la région d'Idleb, près de la frontière turque. Et dans la province de Damas, les forces de sécurité ont arrêté 27 personnes à Harasta.

Par ailleurs, les militants pro-démocratie ont appelé sur Facebook à manifester dans les universités. «Soulèvement dimanche 2 octobre des universités de Damas, Techrine (à Lattaquié), d'Alep, de Homs et d'Al-Fourat (à Deir Ezzor)», ont-ils annoncé.

«Aujourd'hui c'est le soulèvement de nos universités. Tout le monde connaît la peur qui s'empare du régime quand les universitaires» manifestent, ont-ils écrit sur la page «Syrian Revolution 2011».

L'OSDH a annoncé l'arrestation samedi à Homs de l'opposant Mansour Atassi, 63 ans, un des dirigeants du Comité national pour le changement démocratique (CNCD), coalition de partis de l'opposition.

Enfin, Saria Hassoune, fils du grand mufti de Syrie, Ahmad Badreddine Hassoune, a été tué dimanche «par les tirs d'un groupe terroriste armé» sur la voiture dans laquelle il circulait, selon l'agence de presse officielle Sana. Mohammad al-Omar, professeur d'Histoire, qui se trouvait également dans la voiture a été tué.

La répression du mouvement de contestation en Syrie a déjà fait, selon l'ONU, plus de 2700 tués depuis la mi-mars. (ats)

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