Syrie: L'armée progresse à Alep, mais les civils souffrent
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SyrieL'armée progresse à Alep, mais les civils souffrent

L'armée syrienne a encore gagné du terrain vendredi dans la partie rebelle d'Alep. Plus de 30 civils ont été tués jeudi dans des bombardements du gouvernement.

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Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

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Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

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L'armée syrienne a encore gagné du terrain vendredi dans la partie rebelle d'Alep. Plus de 30 civils ont été tués la veille dans des bombardements du gouvernement, ajoutant au désespoir des habitants assiégés.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'armée contrôle désormais 60% de Massaken Hanano, le plus grand des quartiers contrôlés par les rebelles dans l'est d'Alep, et avance rapidement. La télévision officielle syrienne estime qu'il s'agit «actuellement du principal front à Alep».

Si l'armée parvient à prendre Massaken Hanano, elle pourrait avoir dans sa ligne de tir le quartier voisin de Sakhour. Ce qui lui permettrait de couper le secteur rebelle en deux, en isolant le nord du sud.

Bombes et famine

Les combats et les bombardements se poursuivaient vendredi matin dans le secteur rebelle, dont les 250'000 habitants subissent en plus depuis juillet un siège implacable du régime.

«C'est devenu dangereux et difficile de sortir dans les rues à la recherche de nourriture à cause de l'intensité des bombardements», témoigne Abou Raed, 50 ans, du quartier de Ferdous. «J'ai peur de l'avancée de l'armée et de l'intensification des bombardements. Il n'y a nulle part où ma famille et moi pouvons être en sécurité», ajoute ce père de quatre enfants.

A l'ouest d'Alep, deux villages ont également été la cible vendredi de frappes du régime. Ces raids ont tué au moins 15 civils dont quatre enfants, a rapporté l'OSDH.

Inaction fustigée

La poursuite des bombardements révèle combien la communauté internationale, divisée sur ce dossier, est incapable de mettre fin au bain de sang en Syrie. «Les obus de mortiers tombent dans les rues alentours comme de la pluie (...) je ne sais pas ce que l'ONU attend. Pourquoi ils n'évacuent pas au moins les enfants et les femmes ?», déplore Abou Hussein, 38 ans, du quartier de Bab al-Nayrab.

Les bombardements aériens et d'artillerie du régime ont tué jeudi au moins 32 civils, dont cinq enfants, selon l'OSDH. Il s'agit de l'un des bilans les plus élevés depuis le début, le 15 novembre, de la campagne de bombardements de l'armée sur Alep-Est, dont l'objectif est de reprendre la totalité de la ville aux insurgés.

Bab al-Nayrab a notamment été visé jeudi par un baril d'explosifs largué par un hélicoptère, selon les secouristes de la Défense civile en zone rebelle.

Près de 200 morts en 10 jours

Des décombres engendrés par cette frappe, les Casques blancs sont parvenus à dégager après plus d'une heure d'efforts un garçon grièvement blessé à la tête, selon des images filmées par un vidéaste de l'AFP. Ses jambes bloquées encore sous les décombres, l'enfant à la face ensanglantée hurlait de douleur. «Papa! papa!», criait-il, avant d'être finalement dégagé.

Au total, selon l'OSDH, 188 civils dont 27 enfants ont péri depuis le 15 novembre à Alep-Est tandis que 18 civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles sur Alep-Ouest, partie de la ville aux mains du régime. Au moins 122 combattants rebelles ont été tués durant la même période à Alep-Est.

Outre le front d'Alep, des combats font rage dans la province de Raqa, à 160 km plus à l'est, dont la grande partie est aux mains du groupe Etat islamique (EI). Une alliance arabo-kurde, soutenue par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, a lancé le 5 novembre une offensive visant à reprendre à l'EI sa «capitale» en Syrie. Elle est parvenue à reprendre plusieurs secteurs autour de Raqa mais n'y a pas encore pénétré. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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