Actualisé 29.12.2018 à 06:00

Syrie

L'armée répond à l'appel à l'aide des Kurdes

Face aux menaces d'offensive dans les secteurs contrôlés par les forces kurdes, celles-ci ont appelé le régime syrien à l'aide. L'armée a annoncé son entrée à Minbej.

Des soldats YPG (photo d'illustration)

Des soldats YPG (photo d'illustration)

AFP

L'armée syrienne a annoncé vendredi son entrée dans la ville clé de Minbej, dans le nord du pays. Son arrivée est intervenue peu après un appel à l'aide des forces kurdes, qui craignent une offensive de la Turquie dans ce secteur.

L'appel des Unités de protection du peuple (YPG), la principale milice kurde de Syrie, a été lancé quelques jours après l'annonce des Etats-Unis, leur allié, du retrait des quelque 2000 militaires américains déployés en Syrie. Le porte-parole de l'armée syrienne a fait cette annonce à la télévision, indiquant que le drapeau syrien avait été hissé à Minbej, une ville située à 30 km au sud de la frontière turque.

«Nous invitons les forces gouvernementales à se déployer dans les régions d'où nos troupes se sont retirées, particulièrement à Minbej et à protéger ces régions contre l'invasion turque», avaient indiqué plus tôt dans un communiqué les YPG qui dominent les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe.

Abandonnant ses alliés kurdes, le président étasunien Donald Trump a ordonné le 20 décembre le retrait des quelques 2000 militaires américains déployés en Syrie. Ceux-ci combattaient les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) aux côtés des YPG.

Fureur à Ankara

La Turquie a de son côté affirmé vendredi que les forces kurdes n'avaient pas «le droit» de solliciter l'aide militaire du régime syrien à Minbej, après l'entrée de l'armée syrienne dans cette ville.

«Les organisations terroristes YPG/PKK qui contrôlent cette zone par la force des armes n'ont pas le droit ou le pouvoir de parler au nom de la population locale ou d'inviter une quelconque partie», a déclaré dans un communiqué le ministère turc de la Défense, mettant en garde toutes les parties «contre tout acte de provocation».

Ankara a massé dernièrement des renforts à la frontière, dépêchant chars et blindés dans le nord syrien, tout près de Minbej. La Turquie, qui redoute de voir s'instaurer une entité kurde à ses portes, susceptible de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde sur son propre territoire, est farouchement hostile aux YPG en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Satisfaction à Moscou

Le Kremlin a pour sa part jugé «positive» l'entrée de l'armée syrienne dans le nord du pays, estimant que cela contribuait à une «stabilisation de la situation». «L'élargissement de la zone de contrôle des forces gouvernementales (...) constitue sans aucun doute une tendance positive», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il a précisé que le sujet serait discuté samedi lors d'une visite à Moscou des ministres turcs des Affaires étrangères et de la Défense, qui doit selon lui «apporter de la clarté» et permettre de «synchroniser les actions» entre la Russie, principal allié de Damas, et la Turquie qui soutient les rebelles.

Sommet Poutine-Erdogan-Rohani début 2019

Par ailleurs, des pourparlers sur la Syrie réunissant les présidents de la Russie, de l'Iran et de la Turquie sont prévus début 2019, a annoncé vendredi un haut responsable russe. «C'est à notre tour d'accueillir le sommet des trois pays garants avec les présidents turc, iranien et le nôtre. Il a été convenu qu'il aurait lieu aux alentours de la première semaine de l'année. Cela dépendra des agendas des présidents», a indiqué le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, cité par l'agence Interfax.

Ce sommet s'inscrit dans le cadre du processus de paix d'Astana, qui réunit depuis janvier 2017, sans implication de Washington, des représentants de Damas et une délégation de l'opposition. Il est chapeauté par la Russie et l'Iran, alliés du régime, et par la Turquie, soutien des rebelles syriens (nxp/ats)

(NewsXpress)

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