Actualisé 20.05.2014 à 19:02

UkraineL'armée russe a reculé d'au moins dix kilomètres

Les troupes russes ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière avec l'Ukraine. Ce geste d'apaisement intervient à cinq jours de l'élection présidentielle.

Les autorités ukrainiennes n'observent plus de mouvement des troupes russes juste de l'autre côté de leur frontière.

Mais elles ne peuvent confirmer leur retrait réel, à cinq jours d'une présidentielle cruciale pour l'avenir du pays. Dans l'Est, Kiev a reçu un appui important de la part de l'oligarque Rinat Akhmetov.

Mardi, les gardes-frontière ukrainiens ont d'abord fait état d'un recul des troupes russes à au moins dix kilomètres de la frontière. «Notre avion de reconnaissance a fait un vol de nuit, a parcouru 820 kilomètres de frontière et a analysé le territoire avec ses caméras thermiques», a déclaré Serguiï Astakhov, un haut responsable des gardes-frontières.

En visite à Berlin, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Dechtchitsa, n'a toutefois pas confirmé ce retrait. «Nous espérons que ces déclarations d'hommes politiques russes selon lesquelles les troupes (russes) doivent être retirées de la frontière ukrainienne ne resteront pas lettre morte», a encore dit le chef de la diplomatie ukrainienne. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Préparatifs de départ

Plusieurs fois annoncé par le Kremlin, le retrait des soldats massés à la frontière n'avait jamais pu être confirmé par l'Alliance atlantique et les Etats-Unis.

Vladimir Poutine avait ordonné lundi à ses troupes massées depuis fin mars à la frontière de rentrer dans leurs casernes. Mardi matin, le ministère russe de la Défense a indiqué que les troupes en étaient au stade des préparatifs de départ.

Accusée par Kiev de soutenir la rébellion armée, la Russie disposait, selon les Occidentaux, de 40'000 soldats déployés près de la frontière dans le cadre de manoeuvres militaires.

Akhmetov penche vers Kiev

Mais c'est le basculement de l'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov, qui constitue la nouvelle politique du jour. Premier employeur de l'Est, il a appelé mardi les Ukrainiens à s'opposer aux séparatistes pro-russes.

«J'appelle l'ensemble de mes employés à travers le Donbass à sortir manifester pacifiquement devant les entreprises où ils travaillent», a-t-il annoncé dans un communiqué de sa holding System Capital Management (SCM).

«Les habitants en ont assez de vivre dans la peur et la terreur. Ils sont fatigués d'aller dans la rue et de se faire tirer dessus. Des personnes se promènent avec des armes à feu et des lance-grenades. Les villes sont le théâtre d'actes de banditisme et de pillages», a fustigé M. Akhmetov. L'oligarque pèse 12,2 milliards de dollars selon le magazine «Forbes».

A Marioupol, qui abrite l'usine métallurgique Ilitch, l'un des fleurons de l'empire industriel d'Akhmetov, des milliers d'ouvriers se sont réunis sur un terrain de foot au milieu des cheminées de l'immense complexe sidérurgique.

«Les gens de la République populaire de Donetsk sont en train de faire de notre région un cauchemar. Si cela continue dans deux jours notre usine va devoir fermer», a lancé sur une estrade un des responsables de l'usine.

Revers pour les séparatistes

Jusque-là, Rinat Akhmetov naviguait en équilibriste sur le fil de la crise et ménageait les autorités de Kiev et les séparatistes. Sa prise de position ferme en faveur de l'unité de l'Ukraine constitue un revers pour les séparatistes et un possible tournant dans la crise.

Les séparatistes prorusses ont, pour leur part, annoncé le début du processus de «nationalisation» des entreprises dans la région, notamment celles d'Akhmetov.

L'oligarque s'implique depuis plusieurs jours dans la défense de ses ouvriers - et de ses sites industriels - contre les séparatistes. Il a mis en place des milices non armées, recrutées parmi ses employés, pour aider à restaurer l'ordre à Marioupol après des violences qui ont fait plusieurs morts.

Reste à savoir si son appel à s'opposer pacifiquement aux séparatistes n'est pas tardif et si les Ukrainiens le suivront, alors que la situation se tend chaque jour un peu plus dans l'Est. (ats)

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