Actualisé 23.08.2012 à 17:43

Syrie - AlepL'armée syrienne récupère les quartiers chrétiens

Les soldats restés fidèles au régime ont repris jeudi aux rebelles les quartiers chrétiens du centre d'Alep, la capitale économique du pays, après deux jours de bataille.

Damas dit vouloir coopérer avec le nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

«Nous avons vécu les deux pires journées de notre vie, nous ne pensions pas que cela pouvait se produire», a raconté Sonia, épouse d'un riche commerçant d'Alep.

«Si notre maison n'était pas construite comme une forteresse, nous serions morts. La façade est pleine d'impacts. Nous ne pouvions pas fermer l'oeil de la nuit», a expliqué cette femme, qui habite Telal, un des trois quartiers chrétiens avec Jdeidé et Sleimaniyé, d'où les rebelles ont été chassés mercredi.

Ces derniers s'étaient emparés le week-end dernier d'une partie de ces quartiers de la vieille ville, très fréquentés avant la guerre par les touristes.

La place Farhat porte les stigmates des combats. C'est sur cette place que se trouvent d'anciens monastères et églises, notamment la cathédrale melkite, d'où l'évêque, critiqué pour ses positions favorables au régime, s'est enfui pour ne pas tomber aux mains des rebelles, selon un habitant.

Soutien du clergé à Assad

Une minorité de chrétiens disent toutefois craindre de voir leur communauté payer le prix fort si le régime tombe car une grande partie du clergé chrétien d'Alep a affiché son soutien à Bachar al- Assad, redoutant la prise du pouvoir des islamistes. Dans le même temps, des quartiers musulmans soutiennent la rébellion.

L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que la défense civile et «les entreprises publiques ont été dépêchées sur place pour faire les réparations et ramener ces quartiers (chrétiens) à la vie normale après les avoir nettoyés des terroristes».

Alep compte quelque 2,7 millions d'habitants dont 85% sont sunnites et 10% chrétiens. La moitié de ces derniers sont des Arméniens, les autres sont des Syriaques, des Grecs catholiques et des maronites.

Tensions près de Damas

Les combats ont continué de faire rage à Damas et dans sa banlieue. A 7 km au sud de la capitale, de violents heurts ont opposé soldats et rebelles près de Daraya où une mère et ses quatre enfants auraient été tués, selon l'Observatoire syrien des Droits de l'homme (OSDH). Artillerie et hélicoptères ont pilonné cette ville sunnite durant 24 heures, faisant 15 morts, selon l'opposition.

Des affrontements ont également eu lieu dans le quartier de Hajar al-Asswad à Damas, soumis à des bombardements de l'armée.

«Les soldats et les membres de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) jouent au chat et à la souris. L'armée du régime encercle le quartier et les combattants de l'ASL sont cachés, mais dès que les premiers avancent, les seconds sortent de leurs cachettes et ripostent», a expliqué un membre des Comités locaux de coordination (LCC). Selon lui, «cette offensive vise à éliminer toute présence de l'ASL de la capitale. Mais cela ne se produira pas», a-t-il dit.

Un «dialogue national au plus vite»

La Syrie coopérera avec le nouvel émissaire international Lakhdar Brahimi, qui a remplacé récemment Kofi Annan, pour mettre en place «un dialogue national» au «plus vite», a pour sa part affirmé le vice-ministre syrien des affaires étrangères Fayçal Meqdad. «Nous sommes impatients de découvrir les idées qu'il va proposer pour résoudre les problèmes ici», a-t-il expliqué.

Voyant dans «l'ingérence étrangère» la «principale» cause de la crise, il a exhorté M. Brahimi à «jouer un rôle actif» face aux «parties qui ne veulent pas d'une résolution de la crise et en particulier les parties qui arment et financent les terroristes, les extrémistes et les salafistes», a-t-il dit.

Il a nommément accusé la Turquie de «donner à ces terroristes, y compris Al-Qaïda, un accès libre vers la Syrie». L'Algérien Lakhdar Brahimi devait se rendre jeudi au siège de l'ONU à New York pour une semaine de consultations.

(ats)

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