Actualisé 14.10.2012 à 09:32

Guerre en Syrie

L'armée utilise des bombes à sous-munitions

Human Rights Watch a publié dimanche des vidéos prouvant que l'armée syrienne larguait des bombes à sous-munitions sur son peuple. Les militaires ont par ailleurs lancé une contre-offensive.

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cga

L'armée de l'air syrienne a récemment largué des bombes à sous-munitions près de Maaret al-Noomane, où l'armée est aux prises avec des rebelles tentant de lui couper la route vers Alep (nord), a affirmé dimanche l'ONG Human Rights Watch (HRW). «Le mépris de la Syrie pour sa population civile transparaît clairement dans sa campagne aérienne, qui inclut maintenant le largage de bombes à sous-munitions mortelles dans des zones habitées», a déclaré Steve Goose, en charge de l'armement au sein de HRW, cité dans un communiqué de l'organisation.

Bannies par la plupart des pays

«Les armes à sous-munitions ont été bannies par la plupart des pays et la Syrie devrait cesser immédiatement d'utiliser ces armes aveugles qui continuent à tuer et à mutiler», a-t-il ajouté. HRW se dit en outre «très inquiète» après avoir consulté des vidéo montrant des hommes et des enfants manipulant des sous-munitions non explosées «au risque de leur vie», rappelant que ces sous-munitions sont armées et peuvent exploser au moindre contact ou mouvement.

Un enfant joue avec une bombe au mois d'août

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York, ces armes ont été utilisées dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), Alep, Homs (centre) de Lattaquié (sur la côte) et Damas. Le 9 octobre, un hélicoptère «a largué une bombe qui, pendant sa chute, s'est ouverte en deux et a libéré de plus petites bombes», a ainsi témoigné un habitant de Taftanaz, dans la province d'Idleb, cité par HRW. «J'ai entendu une (première) explosion. Et une fois les sous-munitions libérées, plusieurs explosions» ont suivi, a-t-il ajouté. La Syrie n'a pas ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée par 107 Etat en 2008, qui interdit la production, le stockage, le transfert et l'utilisation de cette catégorie d'armes et prévoit la destruction des stocks existants.

Certaines bombes n'explosent pas, vidéo du 10 octobre

Sur le terrain, contre-offensive de l'armée

L'armée syrienne a lancé une contre-attaque dimanche dans le nord du pays pour reprendre des positions conquises par les insurgés, a indiqué une ONG syrienne. Elle repoussait également une offensive des rebelles contre une base militaire stratégique.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), un avion de combat a largué des bombes sur la localité de Maarchourine, ainsi que sur celle de Hich près de laquelle de violents combats entre soldats et insurgés se déroulaient, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Des combats violents avaient aussi lieu autour de la base stratégique de Wadi Daif, la plus importante de l'armée dans la région de Maaret al-Noomane, au sud d'Alep, ville voisine d'Idleb, a précisé l'ONG.

La ville stratégique de Maaret al-Noomane est tombée en début de semaine aux mains des rebelles, qui ont ainsi pu couper l'axe reliant Damas à Alep et freiner l'acheminement de renforts de l'armée vers la grande ville du nord, théâtre depuis mi-juillet de combats intenses.

«Des combats violents se déroulent dans le périmètre de la base Wadi Daif, qui ont fait un mort parmi les combattants et 18 blessés», a affirmé l'OSDH.

Saisie des armes

Dans la région d'Idleb, la majorité des villes et villages échappent au contrôle du régime. Les insurgés ont détruit plusieurs barrages et positons militaires dans la province et se sont emparés des armes.

«L'importance des prises de positions de l'armée n'est pas au niveau géographique car les insurgés n'y restent pas longtemps. Ce qui est important ce sont les armes et les munitions qu'ils saisissent lors de l'attaque», a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l'OSDH.

L'armée continue à subir de lourdes pertes dans les combats et attaques des rebelles selon l'OSDH. La veille 63 soldats ont péri, outre 71 civils et 47 rebelles, a précisé l'ONG. En 19 mois de conflit en Syrie, plus de 33.000 personnes ont péri selon l'OSDH.

(cga/ats/afp)

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