Actualisé 02.07.2015 à 20:17

EgypteL'armée veut «purifier» le Sinaï des terroristes

Les autorités égyptiennes se disaient jeudi déterminées à éradiquer les djihadistes de l'Etat islamique dans la péninsule du Sinaï après les attaques sanglantes de mercredi.

L'Egypte se disait jeudi déterminée à éradiquer les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans la péninsule du Sinaï, au lendemain d'une vague d'attentats sans précédent qui a fait des dizaines de morts, dont des militaires. Mais les opérations de l'armée dans le Sinaï (est), lancées il y a deux ans, n'ont jusqu'à maintenant pas réussi à enrayer les attaques visant les forces de l'ordre, qui se sont multipliées depuis la destitution par les militaires du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

Détermination

La série d'attaques coordonnées lancées mercredi dans le Nord-Sinaï par des combattants affiliés à l'EI contre des positions de l'armée constitue un second coup dur pour les autorités, après l'assassinat lundi au Caire dans un attentat à la bombe du procureur général d'Egypte, plus haut représentant de l'Etat à être tué depuis 2013. A la suite de cette attaque encore non revendiquée, le président Abdel Fattah al-Sissi a promis une législation antiterroriste plus dure et dès mercredi, le gouvernement a approuvé une nouvelle loi qui doit «offrir une justice rapide et venger nos martyrs», selon un communiqué.

Après les attaques de mercredi, des affrontements sans précédent ont éclaté entre soldats et jihadistes dans la localité de Cheikh Zouweid, tandis que les chasseurs F-16 de l'armée ont bombardé des positions de l'EI. L'armée a fait état de 17 soldats et 100 jihadistes tués dans ces combats. Mais des responsables avaient auparavant annoncé la mort de 70 soldats et civils. Ces violences interviennent alors que l'Egypte marque vendredi le deuxième anniversaire de la destitution de M. Morsi par M. Sissi, à l'époque chef de l'armée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'armée a affirmé dans un communiqué être «déterminée à arracher les racines du terrorisme noir». «Nous ne nous arrêterons pas avant d'avoir purifié le Sinaï des foyers terroristes», a-t-elle ajouté. Un porte-parole militaire a publié sur sa page Facebook des dizaines de photos montrant les cadavres ensanglantés de «terroristes».

«Revanche»

La presse égyptienne, qui a largement relayé ces photos, a en grande majorité affiché son soutien aux militaires: «Revanche» titrait ainsi le quotidien étatique Al-Akhbar. «La victoire ou le martyre», affirmait le quotidien étatique Al-Gomhoureya. Dans un communiqué, la Maison Blanche a condamné les attaques au Sinaï, assurant que les Etats-Unis «continueraient d'assister l'Egypte face aux menaces touchant sa sécurité».

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a de son côté pressé la communauté internationale de «soutenir les efforts du gouvernement égyptien à faire face aux groupes terroristes», selon un communiqué. Les jihadistes en Egypte disent attaquer les forces de sécurité en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les pro-Morsi, et dans laquelle plus de 1400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tuées.

«Les terroristes se déplaçaient librement»

Des milliers d'autres sympathisants ont également été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l'ONU de «sans précédent dans l'histoire récente». Les dernières attaques ont été revendiqués par le groupe «Province du Sinaï», qui a précisé que trois kamikazes avaient participé aux assauts contre une quinzaine de barrages de l'armée. Se faisant autrefois appeler Ansar Beït al-Maqdess, ce groupe a changé de nom pour bien marquer son allégeance à l'EI qui a proclamé il y a un an un «califat» sur les territoires conquis en Irak et en Syrie.

L'une des attaques de mercredi, menée avec une voiture piégée contre un check-point au sud de Cheikh Zouweid, près d'Al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, a coûté la vie à quinze soldats. Avant de se retirer, les jihadistes ont miné les abords d'un commissariat du Cheikh Zouweid pour empêcher l'arrivée de renforts, prenant position sur des toits d'immeubles pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes. «Durant des heures, les terroristes se déplaçaient librement dans les rues», a raconté à l'AFP Aymen Mohsen, un habitant qui a assisté aux combats. Jeudi, le téléphone, l'internet et l'électricité étaient coupés à Cheikh Zouweid, selon un correspondant de l'AFP. (afp)

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