«Truman»: L'art de tirer sa révérence sans succomber au mélo
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«Truman»L'art de tirer sa révérence sans succomber au mélo

Meilleurs film, réalisateur, acteur, second rôle masculin et scénario: «Truman» a cartonné aux Goya, les César du cinéma espagnol.

par
Catherine Magnin

Installé au Canada, Tomas (Javier Camara, qu'on a pu voir dans le dernier film de Pedro Almodovar, «Les amants passagers») rentre à Madrid pour rendre visite à son ami Julian (Ricardo Darin, «El Chino»), qu'il sait très malade. Quatre jours durant, leurs quatre derniers jours ensemble puisque Julian a décidé de ne pas continuer sa chimiothérapie, les deux hommes vont prendre le temps de régler les affaires du Madrilène.

Pour traiter, tout en évitant les violons, ce thème grave et émouvant, le réalisateur Cesc Gay n'est pas allé chercher de subterfuge farfelu. Pas de cadavre dans le placard dans «Truman»! Simplement des petits détails finement observés et mis en scène. Comme Julian s'étonnant que des connaissances de longue date détournent le regard à son passage, tandis que ceux qui devraient lui en vouloir lui témoignent, au contraire, le plus de sollicitude. Ou l'embrassade inattendue de son fils qu'il va voir à l'improviste. Ou ses efforts pour trouver une famille d'accueil pour son meilleur ami, son chien...

C'est d'ailleurs ce chien, Truman, qui donne son titre à ce film juste, profond et pudique. Tout un symbole...

«Truman»

De Cesc Gay. Avec Ricardo Darin, Javier Camara.

Sortie le 6 avril 2016

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