Actualisé 21.08.2008 à 19:59

Rio de JaneiroL'art s'invite dans un quartier mal famé de Rio

Un photographe transforme une favela réputée dangereuse en lieu d'exposition temporaire.

«JR», qui a choisi de ne révéler ni son identité ni son visage et se définit comme un «artiviste» (contraction des mots artiste et activiste), a revêtu les façades des maisons, perchées sur les collines de la favela de Morro da Providencia, de gigantesques photographies de visages et de regards de femmes.

Pour ce travail singulier, il a privilégié le noir et blanc. A distance, les passants du bas de l'Avenida Brasil, l'une des grandes avenues de Rio, ont l'impression que ces regards géants se fixent sur eux.

Désormais la favela observe la ville. «JR et son équipe ont passé près d'un mois dans la favela. Armé d'un objectif 28 mm, JR a photographié une trentaine de femmes volontaires, puis choisi les maisons où il allait coller ses photos avec l'aide d'alpinistes brésiliens», a déclaré Mauricio Hora, un photographe né dans la favela qui a aidé JR dans ses contacts avec la population.

Mauricio a dû également intercéder auprès des gangs de trafiquants qui contrôlent la favela pour qu'ils laissent JR et son équipe travailler en sécurité.

Ce sont les reportages sur trois jeunes du Morro da Providencia, abattus le 16 juin, qui ont conduit JR à inclure la favela dans son itinéraire. Onze militaires avaient «vendu» les ados à des trafiquants d'une communauté rivale qui les avaient ensuite exécutés.

(afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!