Votations du 18 mai: L'article sur les soins médicaux plébiscité
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Votations du 18 maiL'article sur les soins médicaux plébiscité

L'acceptation très massive, dimanche, de l'article constitutionnel concernant les soins médicaux de base réjouit les milieux concernés. Les attentes sont dopées par la netteté du résultat.

Les Suisses veulent s'assurer qu'il n'y aura pas de pénurie de médecins et autres soignants à l'avenir. Par 88% des voix, ils ont plébiscité dimanche l'inscription d'un article sur les soins médicaux de base dans la constitution. Les milieux concernés en appellent à une action rapide.

L'article censé revaloriser le rôle des médecins généralistes, des pédiatres et autres infirmiers a été accepté par près de 2,5 millions de votants. Moins de 338'000 ont dit non. L'opposition, confinée à l'UDC, n'est quasiment pas sortie du bois pendant la campagne.

La Suisse romande s'est montrée la plus acquise à la cause des médecins et autres soignants. Neuchâtel remporte la palme du canton le plus favorable, avec 93,7% de «oui». A l'autre extrémité, Schwyz totalise tout de même 81% de soutien.

Première historique

Le conseiller fédéral Alain Berset s'est félicité du résultat très net: c'est la première fois de l'histoire qu'un objet est adopté par plus de 2 millions de votants, a dit le conseiller fédéral dimanche devant la presse.

Pour lui, ce plébiscite constitue un signal de confiance envers le système de santé suisse. Le peuple a aussi exprimé son souhait de donner à la Confédération et aux cantons les moyens d'affronter les changements à venir. La Suisse devra faire face à une pénurie de généralistes et à une croissance des maladies chroniques.

L'Association des médecins de famille ne s'attendait pas non plus à pareil plébiscite. Pour son vice-président François Héritier, il s'agit d'un «résultat incroyable» qui s'explique notamment par le fait que la campagne a été axée sur la pénurie de médecins de famille. L'argument a porté ses fruits.

Salaire revu à la hausse

Membre du comité d'opposants qui a vu le jour peu avant la votation, le conseiller national UDC Toni Bortoluzzi n'est pas du tout surpris. Il ne s'attendait pas à un autre résultat, dans la mesure où aucune campagne sérieuse contre l'article constitutionnel n'avait été menée. Mais il admet qu'il n'y avait rien à faire contre son acceptation. Son ampleur aurait tout au plus été moins nette.

L'article impose à la Confédération et aux cantons de veiller à ce que chacun ait accès à des soins médicaux de base suffisants et de qualité. Elle requiert une réglementation sur la formation des professions médicales et les conditions d'exercice des généralistes, mais aussi d'autres corporations comme les sages-femmes, les pharmaciens, les assistants de Spitex ou les physiothérapeutes.

Le texte préconise encore une «rémunération appropriée des prestations de la médecine de famille». Les généralistes exigent une meilleure reconnaissance pécuniaire, en particulier par rapport à leurs collègues spécialistes.

Le Conseil fédéral entend leur accorder en moyenne 9,80 francs de plus par consultation médicale, quelque 200 millions de francs au total. Alain Berset devrait annoncer prochainement le tarif.

Ne plus perdre de temps

Il est prévu que cette augmentation soit compensée sur les prestations des spécialistes. Pour santésuisse, la faîtière des assurances, il s'agit de s'en tenir à cette solution du Conseil fédéral, car la revalorisation de la médecine de famille ne doit pas se traduire par un surcoût pour les assurés modestes. «Les autres mesures devront suivre la même logique».

Pour la FMH, il importe désormais d'engager le plus vite possible un processus législatif pour mettre en oeuvre l'objectif de l'article constitutionnel. Avec la pénurie de médecins généralistes et de pédiatres qui se profile, il s'agit de ne plus perdre de temps, insiste Jürg Schlup, son président. (ats)

Une participation très élevée

Les votations fédérales ont mobilisé les Suisses dimanche. Avec plus de 55%, la participation a presque atteint celle observée le 9 février, lors du scrutin sur l'initiative de l'UDC «contre l'immigration de masse». Le record des dernières décennies, détenu par le scrutin sur l'EEE avec 78,7% de votants en 1992, n'est de loin pas battu.

Comme de coutume, les Schaffhousois détiennent la palme, avec un taux de votants autour de 70%. Le Valais, qui votait aussi sur un salaire minimum cantonal et les soins de longue durée, se situe en bonne place avec une participation de quelque 61%. Celle-ci dépasse aussi la barre des 60% à Nidwald, Obwald et et Zoug. Elle ne se situe nulle part en dessous de 50%. Glaris, Uri et Appenzell Rhodes-intérieures sont en queue de peloton, avec environ 51%. Le Valais mis à part, la participation dans les cantons romands s'échelonne entre un peu plus de 53% dans le Jura et quelque 58% dans le canton de Vaud.

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