Beaux-arts: L'artiste Cy Twombly est décédé

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Beaux-artsL'artiste Cy Twombly est décédé

Le peintre Cy Twombly, atteint d'un cancer, est décédé à Rome, mardi.

Cy Twombly était âgé de 83 ans.

Cy Twombly était âgé de 83 ans.

L'artiste américain Cy Twombly, 83 ans, est décédé mardi dans un hôpital de Rome, a indiqué Eric Mézil, directeur de la collection Lambert en Avignon. Hospitalisé il y a quelques jours, le peintre, qui vivait en Italie, souffrait depuis plusieurs années d'un cancer.

Une exposition consacrée à ses photographies venait de s'ouvrir à la mi-juin au sein de la collection Lambert, une galerie du sud de la France. «C'était un tel roc», disait mardi soir le directeur de la collection du galeriste d'art contemporain Yvon Lambert, qui fut le premier marchand de Twombly en Europe.

Ami et compagnon de Jasper Johns et Robert Rauschenberg, artiste américain parmi les plus reconnus de sa génération, Cy Twombly était installé en Italie depuis plus de 50 ans. Il vivait à Gaeta, ville côtière entre Rome et Naples.

Un grand de l'art abstrait

Artiste secret, partagé entre l'Italie et son Amérique natale, Cy Twombly, a pris place parmi les plus grands de l'art abstrait du XXème siècle. Il était célèbre pour ses toiles aux graffitis nerveux, au plus proche de l'instinct de l'Homme.

Né en 1928 à Lexington (Virginie), il est éduqué à Rome (Georgie), puis à Boston. Il fait la connaissance, en 1950, de Robert Rauschenberg, qui sera lui aussi l'un des artistes américains les plus reconnus de sa génération.

Il passe l'année suivante au célèbre Black Mountain College (Caroline du Nord), pépinière de l'avant-garde new-yorkaise, aux côtés de John Cage ou Robert Motherwell.

Graffitis et collages

Dans les années 50, il voyage avec Rauschenberg à Rome et au Maroc. En 1959, il se marie avec l'Italienne Tatiana Franchetti et s'installe à Rome, une ville dont il tombe amoureux et où il partagera son temps avec les Etats-Unis.

Le Twombly des années 50 est celui qui trace des bâtons, des traits au charbon ou à la mine de plomb, au plus près du geste primitif de l'homme. Au fil des ans, ses lignes s'enroulent en pelote, se hachent en signes calligraphiques, se coiffent de taches de couleur rouge comme des fleurs de pavot, ou se transforment en gerbes de couleurs.

Ses graffitis, qui laissent toujours paraître la force, voire la violence du geste de l'artiste, ou ses collages laissent parfois deviner des lettres ou des mots, comme des références enfouies, notamment celles à la mythologie antique, si proche de lui en Italie.

En 1994, le Musée d'art moderne (MoMA) de New York organise une rétrospective de ses peintures. Aux enchères, les prix de ses toiles s'envolent. Peintre consacré, il voit de nombreuses expositions consacrées à ses oeuvres, mais il ne court pas les vernissages et préfère rester dans l'ombre.

(ats/afp)

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