Chaux-de-Fonds (NE): L'as du vol et de l'évasion veut échapper à la vie

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Chaux-de-Fonds (NE)L'as du vol et de l'évasion veut échapper à la vie

Un détenu de 33 ans préoccupe les autorités pénitentiaires. L'homme multiplie les cavales et les tentatives de suicide.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
L'as de l'évasion s'était échappé du 5e étage de la prison de La Promenade, à La Chaux-de-Fonds. Il y est désormais surveillé comme du lait sur le feu.

L'as de l'évasion s'était échappé du 5e étage de la prison de La Promenade, à La Chaux-de-Fonds. Il y est désormais surveillé comme du lait sur le feu.

Ses initiales renvoient à celles du défunt roi de la pop. Mais ce M.J., lui, s'illustre sur les pistes sinueuses du cambrio­lage. Toutefois, on ne sait pas grand-chose de cet homme. Il déclare être né en Turquie, avoir grandi en Russie et se dit kurde. Mais même la prétendue nationalité turque de ce collectionneur d'alias laisse circonspecte la justice helvétique. Par contre, là où le doute n'est pas permis, c'est qu'il a notamment sévi en Autriche, en France et en Suisse. Entre le Jura et Neuchâtel, son activité délictueuse pèse un quart de million de francs.

Un drôle d'acrobate

La plus grande prouesse de cet homme de 33 ans a été sa rocambolesque évasion, en octobre 2011, du 5e étage de la prison de la Chaux-de-Fonds (NE). Des draps et son talent d'acrobate lui avaient suffi pour humer de nouveau l'air de la liberté. Et, donc, de renouer avec son métier: le vol. En 2012, lors d'un banal contrôle dans le canton de Saint-Gall, le cocaïnomane est arrêté. Pour une poignée de minutes seulement: alors que les forces de l'ordre avisent les autorités neuchâteloises, M.J. se fait la malle. C'est en Lorraine qu'il a été pincé, l'automne passé, avec de faux papiers. Extradé en Suisse, il a été condamné, à la mi-mars, à trois ans et demi de prison.

Dans le coma

Las de se faire arrêter, l'as de l'évasion est déprimé. Lors de sa détention provisoire, il a fait deux tentatives de suicide. Il s'en est suivi un coma au CHUV, en décembre. «Il fait désormais l'objet d'une surveillance et d'une prise en charge médi­cale accrues. Prévue pour des cas particuliers, cette mesure n'a pas de surcoût financier», précise Valérie Gianoli, cheffe du Service pénitentiaire. «Il n'est ni méchant ni violent. C'est un électron libre fascinant et attachant», commente son avo­cate.

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