Genève: L'ASLOCA refuse de modifier l'accord négocié
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GenèveL'ASLOCA refuse de modifier l'accord négocié

La tension monte à Genève autour du projet Praille-Acacias-Vernets (PAV).

Réagissant à des déclarations du chef du département de l'urbanisme François Longchamp, l'ASLOCA a affirmé vendredi son refus catégorique de modifier l'accord qui a mis cet énorme projet urbanistique sur les rails.

L'accord conclu entre l'Etat, l'ASLOCA et les syndicats en 2010 a débouché sur une loi adoptée en juin 2011 à l'unanimité par le Grand Conseil. Ce texte pose les jalons du développement des 230 hectares du PAV en fixant le ratio d'un logement par emploi. Il exclut toute PPE sur les terrains publics, soit 82% de l'ensemble du périmètre.

La loi fixe aussi sur ces terrains la construction de deux tiers de logements d'utilité publique (LUP). Le tiers restant est à loyer libre. Pour l'ASLOCA, il n'est pas question de modifier ces proportions, fruits de longues négociations. D'autant plus que Genève a du retard pour compenser l'érosion du parc immobilier locatif subventionné.

Coûts sous-estimés

«Remettre en cause cet accord est ridicule», a relevé devant les médias Christian Dandrès, député socialiste et avocat à l'ASLOCA. Il reproche à François Longchamp de faire machine-arrière quelques jours avant la fin de son mandat à la tête du département de l'urbanisme.

Interrogé par l'ats, François Longchamp explique que des analyses ont montré qu'en l'état la faisabilité économique du PAV n'était pas assurée. En cause notamment, les coûts des déménagements des entreprises qui bénéficient actuellement de droit de superficie, la dépollution des sites et la complexité géologique du terrain qui font grimper la facture pour les investisseurs.

«Il manque de solides bouts», souligne M. Longchamp. Selon le conseiller d'Etat, «deux options se présentent: soit on fait un quartier bas de gamme avec des équipements et espaces publics insuffisants, soit on monte quelque chose de qualité en pensant à la qualité de vie des futurs habitants».

Il mise clairement sur la deuxième option, qui n'est selon lui pas réalisable avec la répartition de LUP prévue. Il craint aussi des problèmes liés à la mixité sociale.

Tâches régaliennes bradées

Le financement des espaces publics pose également problème. L'ASLOCA craint que l'Etat ne veuille se décharger de ses tâches régaliennes sur les investisseurs et au final sur le dos des locataires. Christian d'Andres s'interroge: si l'Etat ne finance pas ce type d'infrastructure, que peut-il encore faire?

Il relève que l'Etat a déjà utilisé cette méthode dans le cadre du projet plus petit de réaménagement de la parcelle de la caserne des Vernets. Il est prévu dans le concours de reporter sur les promoteurs les 33 millions de francs nécessaires à la construction de nouvelles casernes, souligne M. Dandrès.

Référendum

Si le Conseil d'Etat veut modifier l'accord, il devra changer la loi, a insisté Christian Grobet, député socialiste et vice-président de l'ASLOCA. Dans ce cas, le référendum sera lancé, prévient-il. Le Conseil d'Etat ne pourra pas éviter une votation comme il l'avait fait en 2010 en négociant un accord pour que les référendaires se retirent.

François Longchamp ne s«en inquiète pas. Il souhaite aussi que la population puisse se prononcer pour que le débat se fasse sur la place publique. Ce nouveau coup de frein dans le développement du PAV intervient alors que l'Etat et les villes concernées (Carouge, Lancy, Genève) négocient le Plan directeur de quartier. (ats)

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