Actualisé 21.12.2016 à 09:59

Turquie

L'assassin a protégé Erdogan après le putsch

Le jeune policier servait également à Ankara dans les forces anti-émeutes depuis deux ans et demi.

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L'ambassadeur russe a été victime d'une tentative d'assassinat dans la capitale turque alors qu'il visitait une exposition. Il a succombé à ses blessures.

L'ambassadeur russe a été victime d'une tentative d'assassinat dans la capitale turque alors qu'il visitait une exposition. Il a succombé à ses blessures.

AP/Burhan Ozbilici
Le diplomate, Andreï Karlov, a été visé par un homme armé qui a ouvert le feu sur lui alors qu'il visitait une exposition d'art dans la capitale turque, selon les médias.

Le diplomate, Andreï Karlov, a été visé par un homme armé qui a ouvert le feu sur lui alors qu'il visitait une exposition d'art dans la capitale turque, selon les médias.

L'assaillant, qui a tiré à plusieurs reprises, a parlé d'«Alep» et de «vengeance», avant d'ouvrir le feu, selon des témoins

L'assaillant, qui a tiré à plusieurs reprises, a parlé d'«Alep» et de «vengeance», avant d'ouvrir le feu, selon des témoins

AP/Burhan Ozbilici

Le jeune policier turc qui a tué l'ambassadeur de Russie à Ankara a fait partie à huit reprises du dispositif de sécurité assurant la protection du président Recep Tayyip Erdogan depuis juillet, selon la presse mardi.

Sous l'objectif des caméras, Mevlüt Mert Altintas, un policier âgé de 22 ans, a tué lundi de neuf balles l'ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov, avant d'être lui-même abattu.

Selon un chroniqueur du journal Hürriyet, le jeune policier, qui servait à Ankara dans les forces anti-émeutes depuis deux ans et demi, a été membre du dispositif de sécurité entourant le président Erdogan à huit reprises depuis le putsch manqué en juillet.

«Il était membre de l'équipe assurant la sécurité du président juste derrière les gardes du corps», écrit Abdulkadir Selvi, un journaliste proche du pouvoir, dont il connaît bien les arcanes.

Après avoir criblé de balles l'ambassadeur, Mevlüt Mert Altintas a crié «Allah Akbar !» et affirmé agir pour venger la ville d'Alep, en passe d'être entièrement reprise par le régime syrien avec le soutien de Moscou.

Enquêteurs russes en Turquie

Malgré ces déclarations qui semblent lier l'assassinat à la situation en Syrie, le chef de la diplomatie turque a affirmé à son homologue américain que Moscou et Ankara «savent» que le réseau du prédicateur Fethullah Gülen est «derrière» le meurtre.

Selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu, qui cite des sources diplomatiques, Mevlüt Cavusoglu a affirmé à John Kerry que «la Turquie et la Russie savent que derrière l'attaque (...) il y a FETO», acronyme désignant le réseau de M. Gülen.

Ce dernier, que les autorités turques désignent également comme l'instigateur du putsch manqué en juillet -ce qu'il nie catégoriquement-, s'était dit «choqué et profondément attristé» par l'assassinat de l'ambassadeur.

Selon les médias turcs, les autorités retenaient mercredi 13 personnes en garde à vue, dont plusieurs proches du tireur.

Fait inédit, la Turquie a accepté la participation aux investigations de 18 enquêteurs russes, dépêchés par Moscou et qui ont pris part, à Ankara, à l'autopsie du corps d'Andreï Karlov, rapatrié mardi soir en Russie. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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