Contournement de Morges: L'ATE présente ses solutions
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Contournement de MorgesL'ATE présente ses solutions

L'Association transports et environnement a présenté ses solutions pour le délestage de Morges (VD).

L'ATE accepte le grand contournement autoroutier à condition qu'il s'accompagne de déclassements en boulevards urbains des tronçons Lausanne-Sud-Morges et Ecublens-Villars-Ste-Croix.

«C'est une vision d'agglomération à très long terme», a expliqué lundi à Lausanne Valérie Schwaar, secrétaire générale de l'ATE Vaud. Reconnaissant que «l'autoroute fait partie des modes de transport», elle souligne toutefois qu'il ne faut pas étendre le réseau pour augmenter le trafic global.

Balafre de Morges

L'objectif doit clairement viser la limitation des nuisances pour les habitants de la région. Pour supprimer «la balafre de Morges», l'ATE se dit favorable au petit contournement de cette ville si la construction est pour l'essentiel souterraine et n'augmente pas le nombre de pistes (2x2).

L'ATE privilégie cependant une vision plus large et plus ambitieuse. A ses yeux, le grand contournement permettrait de «sortir l'autoroute» de l'agglomération Lausanne-Morges. Cette variante implique néanmoins que l'on dissolve trois tronçons dans le tissu urbain (traversée de Morges, Ecublens-Villars-Ste-Croix, Ecublens-Maladière).

Centralisme dénoncé

Outre ces déclassements, l'ATE exige, entre autres, que la construction du nouveau tronçon soit entièrement souterraine. Pour Roger Nordmann, vice-président de l'ATE, l'Office fédéral des routes (OFROU) se comporte comme «une administration centrale française» et risque de «tout bloquer» avec sa politique uniquement «quantitative».

Construire le grand contournement de Morges tout en gardant le réseau autoroutier actuel qui la traverse va susciter tellement d'oppositions que rien ne se fera, selon le conseiller national socialiste vaudois. Cette vision «maximaliste» est «totalement inacceptable» à son avis.

Musique d'avenir

Face à cet affrontement prévisible, il convient de réfléchir à plus long terme afin de «libérer tout l'ouest lausannois» de l'autoroute. L'ensemble du trafic de transit serait dirigé sur le contournement qui éviterait Morges et Lausanne, alors que l'agglomération que forment ces deux villes pourrait être réaménagée et densifiée.

Pour l'heure, Berne n'a jamais accepté de déclassement d'autoroute en boulevard urbain ouvert à tous les modes de transport, reconnaît l'ATE. L'OFROU a annoncé qu'elle ne retenait plus la variante du petit contournement de Morges. Quant au calendrier, Roger Nordmann juge que les travaux ne commenceront de toute façon pas avant 2025-2030. Aujourd'hui, «il n'y a ni planification précise, ni financement», affirme-t-il.

Bénéfices limités du déclassement

L'OFROU estime le coût du grand contournement à environ trois milliards de francs. En avril, l'office a souligné sa préférence pour «la version longue». Il notait alors que le déclassement éventuel de la traversée de Morges serait tranché «ultérieurement».

Construire le grand contournement tout en conservant la route nationale existante «assure une redondance du réseau routier et donc une grande stabilité». Déclasser la traversée de Morges soulagerait la zone d'habitation riveraine, mais ne supprimerait pas «la coupure urbanistique» et entraînerait des surcoûts liés notamment à la démolition de l'autoroute, précisait encore l'OFROU. (ats)

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