Actualisé 17.03.2016 à 12:25

TurquieL'attentat d'Ankara revendiqué par des Kurdes

Les TAK ont justifié l'attentat comme une riposte aux opérations menées par l'armée et la police turques.

Un groupe radical proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a revendiqué jeudi l'attentat suicide meurtrier qui a visé il y a quatre jours le centre d'Ankara, dans un climat de craintes de nouvelles attaques.

Comme le suggéraient les premiers éléments de l'enquête, ce mouvement dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a annoncé dans une déclaration publiée sur son site internet être responsable de l'attaque menée sur la place Kizilay. L'attaque a fait 35 morts et plus de 120 blessés.

Les TAK ont justifié l'attentat de dimanche comme une riposte aux opérations menées par l'armée et la police turques dans plusieurs villes du sud-est à majorité kurde de la Turquie où ils avaient déclaré «l'autonomie». Ces interventions se sont soldées par la mort de dizaines de civils.

Des excuses

«Cette action a été menée pour venger les 300 Kurdes tués à Cizre et nos civils blessés», écrivent les TAK. Ils ont présenté des «excuses pour les pertes civiles qui n'ont rien à voir avec la sale guerre menée par l'Etat fasciste turc».

Dans son texte, ce groupe a diffusé la photo d'une femme, Seher Cagla Demir, alias Doga Jiyan, présentée comme l'auteure de l'attaque. Avec cette diffusion, ils ont confirmé l'identité de la «kamikaze» publiée par les autorités turques.

Selon le Ministère turc de l'intérieur, cette femme a été entraînée en Syrie par les Unités de protection du peuple (YPG), bras armé du principal parti kurde de Syrie que la Turquie considère comme un mouvement «terroriste».

Protégé par un impressionnant dispositif de sécurité, le Premier ministre Ahmet Davutoglu et son épouse ont déposé jeudi matin des oeillets rouges sur les lieux de l'attentat en hommage aux victimes. Les TAK avaient déjà revendiqué une précédente attaque suicide qui avait visé des cars transportant des personnels militaires le 17 février et tué 29 personnes.

Prête-nom de la rébellion?

Le PKK dément tout lien avec les TAK, qui se sont illustrés dans les années 2000 par plusieurs attentats meurtriers visant des sites touristiques. Mais les autorités les considèrent comme un prête-nom de la rébellion, utilisé lorsque des civils sont visés.

Le conflit kurde a repris l'été dernier après plus de deux ans de cessez-le-feu et sonné le glas des discussions de paix engagées fin 2012 par les deux parties.

Embarrassé par les critiques qui lui reprochent de ne pas avoir pu empêcher les attentats, le président turc Recep Tayyip Erdogan a relancé l'offensive contre ceux qu'ils considèrent comme des «complices» des «terroristes» kurdes. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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