Affaire Tinner: L'auteur des indiscrétions pas identifié
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Affaire TinnerL'auteur des indiscrétions pas identifié

La violation du secret de fonction dans l'affaire de contrebande de matériel nucléaire vers la Libye restera impunie.

Le procureur fédéral extraordinaire Pierre Cornu n'ayant pas réussi à identifier l'auteur des indiscrétions, l'enquête a été classée.

L'information a été révélée mercredi par le Département fédéral de justice et police (DFJP). L'enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée contre inconnu par Eveline Widmer-Schlumpf le 3 juin dernier. La cheffe du DFJP soupçonnait une violation du secret de fonction après la publication dans la presse d'informations confidentielles liées à l'affaire dite Tinner.

Destruction de documents contestée

Le Conseil fédéral avait nommé un procureur fédéral extraordinaire car les fuites pouvaient émaner de collaborateurs de la Confédération. Il était alors sous le feu de la critique, les médias ayant révélé qu'il avait ordonné la destruction de documents sensibles.

Trois ingénieurs st-gallois de la famille Tinner sont accusés d'avoir livré à la Libye des éléments destinés à la fabrication de centrifugeuses à gaz visant à produire de l'uranium enrichi. Ils auraient été en contact avec le «père» de la bombe nucléaire pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, entre 2001 et 2003. Le père et ses deux fils ont été remis en liberté et sont en attente de jugement.

L'affaire Tinner continue de faire parler d'elle au Parlement. En janvier, la délégation des commissions de gestion avait critiqué la destruction de documents. Le Conseil des Etats a encore exprimé il y quinze jours sa grogne face au manque de transparence du Conseil fédéral sur le dossier. Il faudra peut-être envisager de créer une Commission d'enquête parlementaire (CEP), a menacé Dick Marty (PLR/TI).

(ats)

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