Genève: L'auto en libre-service s'affranchit des parkings
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GenèveL'auto en libre-service s'affranchit des parkings

Plus souple que les systèmes actuels, un nouveau service permettra de louer une voiture garée dans la rue et de la rendre ailleurs.

par
Thomas Piffaretti
Luc Barthassat, conseiller d'Etat genevois chargé de la mobilité, et Silena Medici, responsable de Catch a Car, posent devant l'un des véhicules bientôt en service au bout du lac. (Photo: Etat de Genève)

Luc Barthassat, conseiller d'Etat genevois chargé de la mobilité, et Silena Medici, responsable de Catch a Car, posent devant l'un des véhicules bientôt en service au bout du lac. (Photo: Etat de Genève)

photo: Kein Anbieter

Du car sharing en free-float. Derrière un nom barbare se cache une idée simplissime. Vous avez besoin d'une voiture en libre-service? Une application pour smartphone localise l'auto disponible la plus proche de vous et la réserve. Une carte, liée à un abonnement, déverrouille et démarre l'engin. Après votre course, plus besoin de la ramener à son point de départ. Il suffit de la garer sur n'importe quelle place bleue ou blanche, comme un véhicule privé, dans une zone déterminée toutefois.

Testé depuis deux ans à Bâle, le service Catch A Car de Mobility arrivera à Genève d'ici début 2017. Cent voitures seront disponibles au lancement. Les zones géographiques d'emprunt et de dépôt doivent encore être affinées mais concerneraient le centre-ville et Carouge. «Le but n'est pas de rajouter des voitures sur la route, insiste le conseiller d'Etat chargé du dossier, Luc Barthassat. Dans l'hypercentre, l'utilisation d'une voiture personnelle devient toujours plus sporadique. Ce système permet de ne pas avoir besoin de posséder une voiture qu'on utiliserait uniquement une fois toutes les trois semaines. L'expérience bâloise a mis en évidence que pour une auto en libre-service mise à disposition, quatre véhicules privés disparaissent à terme.»

Une tendance confirmée par une étude de l'Epfz et qui séduit les tenants d'une mobilité douce. «C'est une alternative crédible à la voiture privée qui va encore inciter les gens à ne pas acheter de nouvelle auto», estime le président de l'Association transports et environnement, Thomas Wenger. Son analyse est partagée mot pour mot par Guillaume Barazzone, maire de la Cité de Calvin, concernée en premier lieu par l'arrivée du service. Le magistrat relève par ailleurs qu'en Ville de Genève, 41% des ménages ne possèdent pas de voiture, alors qu'ils étaient 36% en 2005. «On voit qu'en offrant des options crédibles, souples, les gens sont prêts à se passer de véhicule personnel, idée que j'ai toujours défendue.»

Et pour éviter que les clients du nouveau service perdent des heures à chercher où se garer, «dans un premier temps, des places pourraient leur être réservées dans certains quartiers congestionnés, le temps qu'un équilibre se fasse», rassure Luc Barthassat.

Bientôt des scooters en libre-service?

Pour permettre au service de s'implanter à Genève, un macaron de stationnement multizones spécifique a dû être créé. Souhaité par Luc Barthassat, le sésame permet de se garer sur les places bleues et blanches de manière illimitée. «Le marché est ouvert et toute entreprise a la liberté de s'y installer, précise le magistrat. Nous réfléchissons déjà à d'autres projets du même type, comme mettre en place un système de scooters en libre-service.»

Milliers de litres d'essence économisés

Depuis le lancement de Catch a Car en 2014, 5000 Bâlois ont été clients du système. Selon une étude de l'Epfz, il s'agit surtout de jeunes âgés de 18 à 36 ans qui empruntent une voiture de manière spontanée. Une utilisation qui se fait la plupart du temps en parallèle à celle des transports publics. Ce comportement fait diminuer le nombre d'autos sur la route et fluidifie donc le trafic. Près de 45'000 litres d'essence ont aussi été économisés.

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