Actualisé 11.03.2013 à 11:03

Afrique du Sud

L'autopsie accable les policiers

Lisant le rapport d'autopsie, le procureur a révélé que la victime avait été placé en cellule en sang et dépouillée de son pantalon.

Le parquet sud-africain a accablé lundi les neufs policiers accusés du meurtre d'un chauffeur de taxi mozambicain. «Il pleurait et saignait, et portait déjà des blessures ouvertes à la tête», a souligné le procureur à la reprise de l'audience devant un tribunal de Benoni, en banlieue de Johannesburg, près de la township où Mido Macia est mort il y a deux semaines. En outre, «il ne portait plus son pantalon lorsqu'il a été enfermé en cellule», a ajouté le procureur.

«Il n'y a pas un seul organe qui n'ait porté traces de blessure», a-t-il poursuivi. «Le défunt est mort de blessures internes qui démontrent le degré de violence infligée», a-t-il ajouté, lisant le rapport d'enquête de la police des polices. Deux autopsies ont été réalisées après le scandale provoqué par ce nouvel accès de la brutalité policière en Afrique du Sud.

«Il y avait du sang même au niveau du coeur», selon le procureur, qui a cité le rapport d'autopsie, «et cela s'est produit dans le commissariat». Il a reproché aux agents accusés de n'avoir même pas pris la peine d'appeler une ambulance.

Le chauffeur «ne savait pas»

Mido Macia, 27 ans, est décédé le 26 février au commissariat de Daveyton, une township de la banlieue est de Johannesburg, après une interpellation mouvementée, dont les images ont scandalisé le monde entier: on y voit le jeune homme, à qui la police reprochait d'avoir mal garé son taxi, encerclé par les agents puis menotté et traîné au sol attaché à un fourgon de police sous les yeux des passants ahuris.

La victime est morte un peu plus de deux heures plus tard au commissariat. Neuf policiers ont été inculpés de meurtre. Ils contestent les faits. Ils décrivent Mido Macia comme un homme violent, qui a résisté à son arrestation, après les avoir insultés.

Le chauffeur du fourgon affirme qu'il a démarré pour échapper à une foule vindicative, sans savoir qu'il y avait quelqu'un accroché à l'arrière. Tous demandent leur libération sous caution. (ats)

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