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SyrieL'aviation syrienne bombarde le fief de l'EI

L'aviation syrienne a bombardé samedi la ville de Raqqa, fief de l'Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie.

Au moins 53 personnes, des civils et des jihadistes, ont péri, a rapporté une ONG. Les raids ont visé un bâtiment abritant un tribunal islamique créé par l'EI et un camp d'entraînement.

«Les avions militaires du régime ont mené huit raids sur la ville de Raqqa et ses environs», a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Les raids ont tué 31 civils, dont trois enfants, a-t-il précisé. Un bilan précédent faisait état de 20 civils tués.

Les frappes ont également coûté la vie à 15 jihadistes de l'EI et à sept autres personnes non identifiées, a-t-il ajouté. Ces frappes aériennes ont touché pour la deuxième journée consécutive un grand camp d'entraînement utilisé par l'EI pour former ses combattants.

Depuis quelques semaines, le régime mène des raids contre les localités tenues par les jihadistes dans le nord et l'est syrien. Selon des militants, ces raids font de nombreuses victimes civiles.

Point d'ancrage

L'Etat islamique a fait de Raqqa son principal point d'ancrage en Syrie. Il y fournit l'eau et l'électricité, paie les salaires, contrôle la circulation et administre quasiment tous les services essentiels, des boulangeries aux banques en passant par les écoles, les tribunaux et les mosquées.

Les jihadistes ont expulsé les dernières forces gouvernementales de la province de Raqqa fin août lorsqu'ils se sont emparés de la base aérienne de Tabqa. Ils y ont capturé, puis exécuté de nombreux soldats.

Minorité sunnite

L'Etat islamique a pris le contrôle de vastes territoires en Syrie, à la faveur de l'insurrection armée contre le régime de Bachar al Assad, et en Irak. Pour cela, il a profité du mécontentement de la minorité sunnite à l'égard du pouvoir central à Bagdad.

Les Etats-Unis bombardent depuis début août ses positions dans le nord de l'Irak pour freiner sa progression. Le président américain Barack Obama a affirmé vendredi à l'issue d'un sommet de l'OTAN que des alliés majeurs des Etats-Unis se tenaient prêts à participer à une coalition contre l'Etat islamique.

Le gouvernement syrien se propose d'être associé à cette lutte internationale contre l'EI, mais les pays occidentaux ayant soutenu la rébellion contre Bachar al Assad écartent toute coopération avec Damas. Ils considèrent que le régime Assad fait davantage partie du problème que de la solution. (ats)

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