Crash du vol AF447: L'avion aurait pu faire demi-tour

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Crash du vol AF447L'avion aurait pu faire demi-tour

Les résultats de l'exploration de la nouvelle zone de recherches en mer des boîtes noires du vol AF447 d'Air France devraient être connus d'ici mercredi.

Jean-Paul Troadec, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a confirmé que si l'épave de l'avion était retrouvée dans cette zone, «ça voudrait dire que l'avion aurait fait demi tour», sans que l'on sache forcément pourquoi.

Tout en soulignant qu'il ne fallait «pas faire d'hypothèses prématurées à ce stade», le directeur du BEA a précisé que si l'avion se trouvait dans cette zone, «ça signifierait qu'il aurait fait très probablement demi-tour, puisqu'il avait une direction avérée vers le nord-est, et que le point en question se trouve au sud/sud-ouest de la dernière position» connue. «Il aurait obliqué de 125», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse au Bourget.

Une zone de recherches restreinte

Le ministère de la Défense avait annoncé jeudi que de nouvelles analyses d'enregistrements réalisés par le sous-marin «Emeraude» l'été dernier avaient permis de délimiter une zone dans laquelle pourraient se trouver les boîtes noires de l'avion.

«Notre priorité actuellement c'est d'explorer à fond cette zone», a expliqué M. Troadec, «de façon à être sûrs de l'avoir quadrillée complètement». Il s'agit d'un rectangle de dix kilomètres sur vingt, soit 200km2, a-t-il précisé.

Un navire de recherche norvégien, le «Seabed Worker», sur lequel se trouvent une cinquantaine de personnes, s'est rendu sur place, mettant à l'eau deux drones sous-marins autonomes qui explorent actuellement la nouvelle zone où pourrait se trouver l'épave du vol AF447.

Pas de théories prématurées

A priori, le BEA devrait disposer mercredi des données récoltées par les drones dans la zone, a-t-il ajouté. Si elles ne devaient rien donner, «le plus vraisemblable c'est qu'on poursuive les recherches dans cette région», a-t-il dit.

M. Troadec a tenu d'ores et déjà à «mettre en garde contre l'élaboration de scénarios et d'hypothèses prématurées». «Nous n'avons pas encore localisé l'épave», a-t-il insisté, même si «nous pensons qu'elle a de bonnes chances d'être là».

Et même si l'épave était localisée, «ce n'est pas pour autant que nous aurons compris ce qui s'est passé», a-t-il averti. C'est pourquoi, «le BEA restera très prudent pour le moment», a-t-il prévenu. Il n'est en effet «pas garanti» que les boîtes noires soient encore exploitables onze mois après l'accident, a-t-il souligné.

Après l'annonce des résultats des analyses par la marine nationale, le navire d'exploration engagé par le BEA s'est rendu sur place et «on a immédiatement commencé les recherches, c'est-à-dire que des drones sous-marins ont été mis à l'eau le soir même», a expliqué M. Troadec. «Depuis la nuit de jeudi à vendredi nous explorons cette zone», a-t-il dit, précisant que cette zone n'est «pas non plus très facile» avec des «fonds très importants», jusqu'à 3.600 mètres, et un relief «relativement accidenté».

«Les drones sous-marins plongent pendant 20 heures à peu près» et c'est «seulement quand ils remontent qu'on décharge les mémoires et qu'on a accès au dossier», a-t-il expliqué. Ils explorent actuellement la partie est, et vont «remonter l'un ce soir» et «l'autre cette nuit», a-t-il dit. «Actuellement, nous avons exploré à peu près les deux tiers de la zone, mais nous devons encore analyser les résultats» des recherches, a-t-il précisé.

«Nous sommes relativement optimistes parce que les signaux qui ont été détectés et analysés par la marine nationale ressemblent vraiment beaucoup à des signaux de balises acoustiques et donc ça veut dire que l'épave est dans cette zone», a-t-il ajouté. «Les spécialistes nous disent que ça ne peut pas être des bruits d'origine biologique, par exemple des animaux sous-marins, ni des bruits d'origine géologique, qui pourraient être des sources hydrothermales.»

«C'est un soulagement et un espoir important sur la recherche de la vérité», a déclaré pour sa part Robert Soulas, secrétaire de l'association Entraide et Solidarité AF447, qui assistait à la conférence de presse. «Maintenant, on est encore au conditionnel et il faut être prudent.»

L'Airbus A330-200 d'Air France s'est abîmé le 1er juin 2009 en plein milieu de l'Atlantique, quelques heures après avoir décollé de Rio à destination de Paris. Les 228 personnes à bord sont mortes. AP

sb/pyr (ap)

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