Solar Impulse: L'avion solaire prend ses quartiers dans la Broye
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Solar ImpulseL'avion solaire prend ses quartiers dans la Broye

L'équipe de Bertrand Piccard et André Borschberg se prépare pour la suite des essais de leur avion solaire, sur l'aérodrome de Payerne.

Le montage de l'aile de 64 mètres d'envergure a été réalisé mardi avec succès dans le hangar situé à proximité de l'aérodrome.

«Nous étions bien à Dübendorf (ZH), mais Payerne est idéale pour la poursuite du projet», a déclaré mardi devant la presse André Borschberg, directeur du projet Solar Impulse et pilote. «Ici, il n'y a pas de gros trafic aérien comme à Kloten. Et la vaste plaine où se trouve le terrain d'aviation convient à merveille pour les essais».

Sur la septantaine de personnes que compte l'équipe de Solar Impulse, une quinzaine s'installera en permanence dans la cité broyarde. Parmi elles: l'équipe de tests en vol de Claude Nicollier. Le développement continuera à se faire sur le site de Dübendorf.

Déménagement délicat

L'aile, la partie la plus délicate de l'avion et la plus vulnérable au choc, a été assemblée mardi sans anicroche. D'une envergure de 64 mètres, celle d'une airbus A340, elle avait été démontée en trois parties. Pour le voyage, les morceaux de 20 mètres de long ont été suspendus dans un convoi spécial.

Le 10 mars, une cérémonie marquera officiellement l'installation de Solar Impulse à Payerne, avant les premiers tours de piste attendus à la mi-mars. Il s'agira de vols d'une durée d'une heure, unev heure et demie, à environ mille mètres. Ils seront effectués par des pilotes d'essai.

«Il s'agit d'une nouvelle étape, après le premier vol de mi- décembre à Dübendorf effectué à une hauteur de 50 cm. Ce n'était sans doute pas spectaculaire pour le public, mais l'essai a montré que l'avion était contrôlable», a expliqué le CEO de Solar Impulse.

Aux commandes

Dès avril, Bertrand Piccard et André Borschberg prendront les commandes en parallèle pour réaliser les premiers vols à 8500 mètres. Enfin durant l'été, ils procéderont à un vol de 36 heures, soit un jour, une nuit.

Ce printemps, les ingénieurs plancheront par ailleurs sur un deuxième avion, qui optimisera le design du premier, a souligné André Borschberg. «On n'arrive pas à la meilleure solution du premier coup». Le pilote devra notamment pouvoir y fonctionner de manière durable et plus confortable en vue du tour du monde. Pour l'heure toujours agendé en 2012, il devrait durer 20 jours et être effectué en cinq étapes.

Hangar fermé au public

L'arrivée de l'avion à Payerne risque de provoquer l'engouement du public. Ce dernier n'aura cependant pas accès au hangar pour des raisons de confidentialité et de sécurité. «Toucher l'avion, c'est l'allumer», a relevé André Borschberg. Il pourra en revanche se rendre à «Clin d'aile», le Musée de l'aviation de Payerne situé juste en face du hangar. Une exposition y proposera des informations sur le projet

Pour les essais, les spectateurs pourront être installés de l'autre côté de l'aérodrome. Les essais seront d'ailleurs diffusés en temps réel sur internet, a annoncé le directeur.

Adopter des cellules

En revanche pour visiter l'avion avec l'un des deux pilotes, il faudra bourse délier et faire partie du «supporters programm». Dans ce cadre, il est d'ailleurs également possible «d'adopter» des cellules solaires qui recouvrent l'avion. Plus d'une centaine de communes l'ont déjà fait, en achetant par exemple la cellule portant le numéro de leur code postal.

Le but de Solar Impulse est de montrer qu'il est possible de voler jour et nuit sans carburant avec les technologies existantes, a rappelé André Borschberg. Le projet, qui a démarré voici sept ans, est budgeté à 100 millions de francs. Ce montant comprend essentiellement les salaires nécessaires à son développement.

(ats)

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