Cabarets fribourgeois: L'avocat de la défense parle de conspiration

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Cabarets fribourgeoisL'avocat de la défense parle de conspiration

L'avocat de l'ex-administrateur de deux cabarets de Fribourg, désormais fermés, conteste l'ensemble des infractions reprochées à son client.

Il critique en outre la manière de faire de la juge d'instruction qu'il estime partiale.

«La juge d'instruction veut faire une affaire d'Etat à partir d'une histoire de passeport soit-disant retenu et qui a été en fait retrouvé dans une poubelle de la localité où habite le chevalier servant de l'artiste de cabaret accusatrice», a martelé mardi Me Jean-Luc Maradan devant la presse.

Vendredi dernier, la juge d'instruction Yvonne Gendre a communiqué que l'ex-administrateur était renvoyé devant un tribunal pour traite d'êtres hunains et encouragment à la prostitution. Il devra également, entre autres, répondre d'escroquerie et d'usure.

Médiatistion critiquée

L'avocat a contesté la médiatisation accordée par la juge à cette affaire. Il a rappelé que le juge d'instruction n'est pas autorisé à communiquer, sauf si l'intérêt public le commande. Selon lui, aucun intérêt public ne peut être invoqué, l'enquête portant sur des faits censés s'être déroulés entre 2003 et 2006.

A son avis, la démarche choisie par la juge montre sa volonté de donner un écho médiatique important à l'affaire dans le but d'influencer le tribunal. Dans ce dossier, on recherche clairement un bouc émissaire, a dénoncé Me Maradan.

L'avocat réfute que les 322 artistes de cabaret idenfiées sur dossier par la juge aient été contraintes à se prostituer. Selon lui, la juge interprète de «manière personnelle et audacieuse» le fait que les employées ont touché des primes sur le chiffre d'affaires de la vente de champagne, pratique courante et pas illégale dans ce secteur.

Aucun avantage financier

L'avocat ne conteste pas que des artistes aient pu se prostituer, des espaces séparés étaient mis à leur disposition dans le cabaret. Mais l'administrateur ne retirait aucun avantage financier de cette activité, les filles n'étant pas tenues de lui verser une quote-part sur ce revenu. Ce que la juge ne conteste pas, souligne l'avocat.

Enfin, en cas d'acquittement de son client, se posera la question d'une indemnisation de l'ex-administrateur, a expliqué Me Maradan. Ce dernier attribue largement à l'enquête et à sa longueur le fait que les deux cabarets aient connu des déboires financiers. Depuis fin 2005, les gens n'osaient plus venir de peur de tomber sur un des nombreux contrôles policiers.

L'ex-administrateur est désormais au chômage. Ce Suisse de 44 ans, marié et père de trois enfants, prépare sa reconversion profesionnelle. (ats)

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