Actualisé 07.04.2017 à 14:44

SuisseL'AVS affaiblie par le versement de dividendes

Le versement de dividendes plutôt qu'un gros salaire permet d'alléger les contributions aux assurances.

Keystone/Archives/Photo d'illustration

L'AVS court le risque d'être affaiblie à moyen terme par l'optimisation des revenus qui consiste à verser toujours plus de dividende mais moins de salaire. Si cette évolution n'est pas stoppée, l'assurance vieillesse fera face à de gros problèmes de cotisation, avertit le président de la conférence des caisses cantonales de compensation.

Il en va des recettes de l'AVS, explique Andreas Dummermuth dans une interview au «Tages-Anzeiger» et au «Bund» publiée vendredi. Ce problème résulte de la deuxième réforme de l'imposition des entreprises qui a créé des incitations fiscales aux dépens des assurances sociales.

Le versement de dividendes plutôt qu'un gros salaire permet d'alléger les contributions aux assurances. «On assiste à une véritable dérobade à la solidarité», selon lui. Rien que dans le canton de Schwyz, plus de 3,7 milliards de francs de dividende ont été distribués de 2007 à 2011. «Pour les versements de dividendes, l'AVS ne reçoit que des miettes», poursuit M. Dummermuth.

Le problème concerne en particulier les professions d'indépendants et les petites entreprises. Médecins, avocats et architectes seraient légion à fonder une société à responsabilité limitée pour pouvoir retirer plus de dividendes.

«Nous avons le système de santé le plus cher d'Europe et même là, les médecins ne montrent plus de solidarité; le système se vide de lui-même», déplore le responsable. Cette pratique n'est certes pas interdite, mais il n'est pas normal que les caisses de compensation doivent payer chaque mois des rentes aux parents ou grands-parents de ces mêmes acteurs qui misent sur l'optimisation de leurs revenus.

Cotisations insuffisantes

La Suisse est un pays riche, mais une part importante de sa richesse ne profite plus du tout à l'AVS. Si une part toujours plus grosse des salaires est captée par les dividendes, l'AVS aura des problèmes de cotisations, pronostique Andreas Dummermuth.

Il ne comprend pas pourquoi l'Etat ne ponctionne pas plus les personnes privées qui touchent de gros dividendes. La population et l'économie acceptent déjà des contributions plus élevées sur les salaires ou un taux plus haut de la TVA.

La conférence des caisses cantonales de compensation a déjà critiqué ces effets indésirables de la deuxième réforme de l'imposition des entreprises. Elle espère que le nouveau projet qui succédera à la troisième réforme rejetée le 12 février par le peuple n'oubliera pas l'AVS. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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