Iran: L'ayattolah Khamenei soutient la validité du vote
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IranL'ayattolah Khamenei soutient la validité du vote

L'ayatollah Ali Khamenei a apporté vendredi son soutien au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dont la récente réélection est contestée. Il a appelé la rue au calme et accusé les «ennemis de l'Iran» d'attaquer la légitimité du pouvoir islamique.

Dans une mise en garde contre les tentations «extrémistes» qui ne peuvent conduire qu'à des effusions de sang et au «chaos», le Guide suprême de la révolution iranienne a demandé aux candidats battus l'arrêt des manifestations, avertissant qu'il «ne céderait pas à la rue».

Le mouvement de protestation, qui a débuté à l'annonce des résultats de l'élection du 12 juin et fait au moins sept morts, est d'une ampleur sans précédent en Iran depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

»Les résultats de l'élection sortent des urnes, ils ne se décident pas dans la rue», a martelé l'ayatollah dans sa première allocution à la nation depuis le scrutin contesté.

»Le peuple a choisi celui qu'il voulait», «le président a été élu par 24 millions de voix», a-t-il lancé, excluant toute fraude à grande échelle.

Taux de participation de 140%

Les trois candidats rivaux de M. Ahmadinejad se sont pourtant plaints d'»irrégularités» et réclament une nouvelle élection. Le conservateur Mohsen Rezaï (1,73% des voix) a notamment dénoncé vendredi des taux de participation de 140% dans certaines circonscriptions.

Pour l'ayatollah Khamenei au contraire, «l'élection a témoigné de la confiance du peuple dans le régime» islamique, grâce à une participation exceptionnelle de 85%.

Il a uniquement réaffirmé que «tout doute sur les résultats devait être examiné par des moyens légaux». Le Conseil des gardiens de la Constitution doit rendre au plus tard dimanche un avis sur un possible nouveau comptage partiel.

»Ecrire nous-mêmes notre histoire»

»Les ennemis (de l'Iran) prennent pour cible la légitimité du pouvoir islamique en remettant en cause l'élection et sa validité, avant et après» le scrutin, a-t-il ajouté en dénonçant les ingérences de «certaines puissances étrangères». Le Guide suprême a souligné n'avoir aucune leçon à recevoir des Etats-Unis en matière de droits de l'homme.

Il a également qualifié de «funeste» le rôle de la Grande- Bretagne, ce qui a provoqué la colère de Londres, où l'ambassadeur d'Iran a été convoqué au Foreign Office.

Il a en outre démenti toute scission au sein des instances dirigeantes iraniennes et insisté sur le fait que ses vues politiques étaient plus proches de celles de Mahmoud Ahmadinejad que de n'importe quel autre responsable politique du pays.

L'ayatollah a soutenu ouvertement le président ultraconservateur sortant durant la campagne. L'ancien président Mohammad Khatami, tout comme un autre ex-chef de l'Etat, Akhbar Hashemi Rafsanjani, ont eux pris fait et cause pour le candidat des réformateurs et principal adversaire de M. Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi.

Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées en début de matinée sur le campus de l'Université de Téhéran, où Ali Khamenei a pris la parole. Des photos de M. Khamenei, de Mahmoud Ahmadinejad et de feu l'ayatollah Ruhollah Khomeini, père de la révolution islamique, étaient brandies par la foule, au milieu de drapeaux iraniens. «Ne laissez pas l'histoire de l'Iran être écrite avec le stylo des étrangers», pouvait-on lire sur une pancarte.

Un demi-millier d'arrestations

De leur côté, les partisans de Mir Hossein Moussavi sont descendus par milliers dans les rues de la capitale jeudi en hommage aux victimes des violences post-électorales et afin de dénoncer le scrutin frauduleux. Ce mouvement de contestation a été durement réprimé.

A Genève vendredi, le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a affirmé qu'un demi-millier de personnes avaient été arrêtées. Elle a appelé à leur libération immédiate et souhaité l'organisation d'un nouveau scrutin sous l'égide de l'ONU.

L'Union européenne, tout comme les Etats-Unis, ont eux dénoncé l'attitude du régime iranien, lui demandant de respecter le droit de ses citoyens à manifester pacifiquement. Refusant de servir de «repoussoir» politique, Washington a encore qualifié les événements en cours dans le pays d'»extraordinaires».

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