Actualisé 04.03.2010 à 12:44

Egalité des salairesL'écart se creuse encore

Les syndicats exhortent les entreprises, la Confédération et le Parlement à s'engager activement pour l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Les syndicats demandent aux employeurs de contrôler leur politique salariale et d'être plus transparents afin que l'écart cesse de se creuser.

«Peu de lois sont autant ignorées que celle sur l'égalité» entre femmes et hommes, entrée en vigueur en 1996, a déclaré jeudi devant la presse la conseillère nationale Franziska Teuscher (Verts/BE), coprésidente de la Commission féminine de l'Union syndicale suisse (USS).

Selon elle, lorsque les hommes et les femmes travaillent cinq jours, les femmes ne sont payées que pour l'équivalent de quatre jours. «Si les hommes étaient concernés par de telles discriminations, il y a longtemps que la loi sur l'égalité serait appliquée», a affirmé la conseillère nationale.

Importance des bonus

Pour la première fois depuis 1996, la différence entre salaires féminins et masculins recommence à augmenter, selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS). La progression s'est élevée à 01,% en 2007 et à 0,4% en 2008, indiquent ces données publiées en novembre que le syndicat Unia a analysées et présentées en vue de la journée des femmes lundi.

Ainsi, les femmes ont touché en moyenne 5040 francs par mois en 2008, soit 19,3% de moins que leurs collègues masculins (6248 francs). Deux ans plus tôt, cette différence était de 18,9%.

Selon Unia, ce phénomène s'explique par les inégalités parmi les cadres intermédiaires et supérieurs, où les différences peuvent atteindre 29%, et par l'importance croissante des bonus. Ces rémunérations spéciales ne sont pas réparties de façon neutre, déplore le syndicat. Dans le secteur bancaire, la part des bonus au salaire total atteint 34% chez les hommes et 15% chez les femmes.

Instrument de contrôle

Les syndicats s'inquiètent de cette évolution et invitent les entreprises à «agir instamment». Ils leur demandent de contrôler leurs salaires, d'éliminer toute forme de discrimination en fonction du sexe et de rendre les salaires transparents.

Ils appellent les entreprises à rejoindre le «dialogue sur l'égalité des salaires» lancé en 2009 par les organisations faîtières des employeurs et la Confédération. Cette initiative incite les entreprises à vérifier si leur système de rémunération comporte d'éventuelles discriminations et à mettre en oeuvre des actions correctives.

Le contrôle est fait sur la base d'un logiciel LOGIB mis à disposition par la Confédération.

Engagement politique

Dans une lettre ouverte, l'USS demande aussi aux présidentes de la Confédération Doris Leuthard, du Conseil national Pascale Bruderer et du Conseil des Etats Erika Forster de s'engager activement dans les milieux économiques et politiques pour l'égalité des salaires. «Les femmes de Suisse attendent que le mandat inscrit dans la Constitution depuis 1981 soit enfin exécuté», écrit le syndicat.

Le droit à un même salaire pour un travail de valeur égale est inscrit dans la Constitution fédérale depuis 1981. (ats)

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