Zurich: L'école des rambos fait tiquer la police
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ZurichL'école des rambos fait tiquer la police

Des ex-membres des troupes d'élite de l'armée enseignent leurs techniques. Les spécialistes y voient un risque de dérapage.

par
han/cge
Les photos qui figurent sur le site internet de l'organisateur des camps sont très explicites.

Les photos qui figurent sur le site internet de l'organisateur des camps sont très explicites.

Des braqueurs de banque retranchés avec un otage, les forces spéciales qui encerclent le bâtiment pour abattre ou arrêter les gangsters. C'est l'un des scénarios que l'on peut expérimenter lors de la première formation Swat donnée en Suisse (Swattraining.ch), qui débute ces jours dans le canton de Soleure.

Arme réelle

Pour 290 fr., n'importe qui peut se glisser dans la peau d'un chasseur de terroristes, s'il est âgé de plus de 18 ans. Le participant sera muni d'un casque, d'un gilet pare-balles, d'une cagoule, d'une arme à feu réelle, mais tirant des balles de peinture, et d'un flash­bang. Un ancien membre des troupes d'élite de l'armée AAD10 les formera aux tactiques et les dirigera. «Après cinq minutes, on se croit dans une situation réelle», explique l'organisateur, Roman Bader.

Une école du crime?

Commandant de la police jurassienne, Olivier Guéniat ne voit pas cela d'un très bon œil. «Cela pourrait devenir une école du crime. Le risque est minime, mais il existe», précise-t-il, évoquant «un nid de frustrés» susceptibles de se passionner pour le sujet: «On ne peut pas apprendre à jouer aux policiers!» Dans les forces de l'ordre, justement, des précautions sont prises pour éviter les dérapages: «Les gens sont triés, on est très restrictifs.» La conseillère nationale Doris Fiala y voit un autre risque: celui de voir dévoilées des techniques censées rester confidentielles. Un doute que balaie l'organisateur, qui ­réfute aussi l'idée d'attirer des désaxés: «Ce n'est pas un camp d'entraînement pour les extrémistes de droite ou de futurs talibans.»

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