Actualisé 24.10.2014 à 09:56

Zoug

L'école publique, un choc culturel pour les expats

De plus en plus de parents, installés en Suisse pour le travail, n'ont plus assez d'argent pour mettre leurs petits à l'école privée. Mais dans les établissements publics, c'est le choc des cultures.

de
Désirée Pomper/ofu
Pour certains expats, laisser aller ses enfants seuls à l'école ne va pas de soi.

Pour certains expats, laisser aller ses enfants seuls à l'école ne va pas de soi.

Mary* est inquiète. Depuis le mois d'août dernier, sa fille a été scolarisée dans une école enfantine publique du canton de Zoug. Mais au lieu d'y apprendre à lire et à écrire, comme c'est le cas en Angleterre, la petite fait du... bricolage, dessine et chante. «Les enseignants mettent l'accent sur les capacités pratiques et non académiques des enfants», écrit Mary sur le site englishforum.com. «Ici, ce n'est vraiment pas la même chose qu'en Angleterre. On attend des enfants qu'ils se rendent seuls à l'école. Les petits jouent dehors même lorsqu'il neige et en cas de tempête.»

Mary n'est de loin pas la seule mère expatriée à se faire du souci. Un nombre croissant d'employés étrangers envoient en effet leurs enfants dans des établissements publics et non plus dans des écoles privées, confirme Stephan Schleiss, chargé de la Direction zougoise de l'éducation et de la culture. «Souvent, le changement dans une école publique est lié à un choc culturel. A peine quelques semaines après le début des cours, certains parents craignent déjà que leurs enfants ne soient pas assez stimulés», affirme de son côté Barbara Kurth-Weimer, présidente de l'association zougoise des enseignants. Il est souvent nécessaire d'expliquer aux expats pourquoi leurs enfants de 5 ans n'apprennent pas immédiatement à lire et à écrire, explique-t-elle.

La raison principale pour laquelle de plus en plus d'enfants d'expats sont scolarisés dans des écoles publiques est le besoin grandissant des firmes internationales de faire des économies. «Avant, ces entreprises payaient beaucoup plus de prestations à leurs employés. Comme, par exemple, l'école privée pour les petits», note Bernhardt Neidhart, directeur de l'Office de l'économie et du travail du canton de Zoug.

* Nom connu de la rédaction

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