L'économie britannique sera à la traîne des pays riches en 2023

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Londres L'économie britannique sera à la traîne des pays riches en 2023

Le Royaume-Uni va afficher la moins bonne performance économique des pays du G7 lors des deux prochaines années, selon un rapport de l'OCDE.

Le PIB britannique devrait se contracter de 0,4% l’année prochaine, selon l’OCDE. 

Le PIB britannique devrait se contracter de 0,4% l’année prochaine, selon l’OCDE. 

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Le Royaume-Uni devrait connaître la pire performance économique des pays riches du G7 lors des deux prochaines années, et notamment la plus dure récession l’an prochain, pâtissant d’une inflation galopante exacerbée par les pénuries de travailleurs, d’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L'OCDE s’attend à une contraction de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain après une croissance de 4,4% cette année, dans ses dernières prévisions publiées mardi. Pour 2024, l’organisme qui regroupe les pays les plus industrialisés du monde anticipe une croissance de 0,2% au Royaume-Uni.

Londres est plus pessimiste

L’organisation est toutefois plus optimiste que l’OBR, l’organisme britannique de prévisions budgétaires, qui table sur un recul de 1,4% l’an prochain. La Banque d’Angleterre est encore plus pessimiste et s’attend à une contraction de 1,5% l’an prochain, suivie d’une autre de 1% en 2024.

Si le Royaume-Uni est moins dépendant que d’autres pays des interruptions d’approvisionnement en hydrocarbures russes, son mix énergétique repose néanmoins fortement sur le gaz, dont les cours ont été démultipliés sur un an. 

Manque de main-d’œuvre

Le pays souffre aussi d’un manque de travailleurs aigu, notamment en raison d’un nombre croissant de cas de maladies longues qui font diminuer la population active, mais aussi du Brexit, qui complique l’embauche de travailleurs européens.

De plus en plus de chefs d’entreprises, comme ceux du géant britannique de l’habillement Next ou de l’aéroport de Manchester, critiquent l’impact de la sortie de l’Union européenne sur l’immigration et donc sur le marché du travail.

Lundi, le patron de la CBI, la principale organisation patronale, a demandé au gouvernement d’assouplir les règles migratoires pour pouvoir accueillir plus de travailleurs étrangers, assurant qu’il n’y avait pas assez de bras dans le pays pour répondre aux besoins. 

Très forte inflation

L’inflation dépasse actuellement 11% au Royaume-Uni et devrait reculer graduellement pour retomber à 2,7% fin 2024, projette l’OCDE. L’organisation critique par ailleurs le fait que les aides aux factures d’énergie accordées par Londres aux Britanniques ne soient pas suffisamment ciblées vers les plus nécessiteux.

La dépense massive engendrée va «nourrir l’inflation», ce qui «nécessitera un resserrement plus important de la politique monétaire» et risque donc de peser encore plus sur l’activité, argumente l’OCDE. L’organisation estime ainsi que la Banque d’Angleterre, qui relève régulièrement depuis plusieurs mois son taux directeur pour contrer les hausses de prix, devrait le rehausser jusqu’à 4,5% d’ici au deuxième trimestre 2023.

Baisses de la croissance attendues

Au sein du G7, l’Allemagne devrait enregistrer une croissance de 1,8% cette année puis une contraction de 0,3% l’an prochain, presque aussi forte qu’outre-Manche, avant un rebond de 1,5% en 2024, selon l’OCDE. Les États-Unis devraient connaître par comparaison une croissance de 1,8% cette année puis 0,5% l’an prochain et 1,0% en 2024.

(AFP)

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