Actualisé 10.04.2015 à 09:29

Suisse

L'économie pénalisée par le franc fort et le 9 février

Le recul du chômage en mars aurait été plus sensible encore sans le boulet du franc fort et l'incertitude causée par la votation du 9 février 2014, estime le professeur Yves Flückiger.

En ce qui concerne le taux de change, les entreprises se trouvent en pleine phase d'adaptation, estime le professeur Yves Flückiger. Le reflux du nombre de chômeurs revêt un caractère saisonnier, traditionnel avec l'arrivée du printemps, a expliqué vendredi à l'ATS le directeur de l'Observatoire de l'emploi à l'Université de Genève. Le seul secteur de la construction a apporté 2795 personnes à la baisse de 4813 chômeurs relevée le mois dernier.

Désaisonnalisé, l'effectif des chômeurs a augmenté de 1% à 139'385, pour un coefficient de chômage de 3,2%, stable par rapport à février, selon les chiffres publiés vendredi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Phase d'adaptation

La décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abandonner le cours plancher de 1fr.20 pour un euro le 15 janvier n'est pour l'heure pas visible au niveau des entrées au chômage, le recul de mars étant le deuxième consécutif mensuellement. «Les entreprises se situent en pleine phase d'adaptation», note Yves Flückiger.

Il n'y a donc pas d'impacts immédiats, même si un certain nombre de sociétés ont déjà annoncé des suppressions d'emplois. «Mais si le cours de l'euro venait à se maintenir durablement à 1fr.04, la situation deviendra de plus en plus difficile à tenir», avertit le futur recteur de l'Université de Genève.

Le tableau actuel ne décrit, en l'état, pas la réalité vécue par les entreprises, notamment celles à vocation exportatrice. Elles cherchent des parades pour encaisser le choc causé par la BNS il y a presque trois mois maintenant. «Même si un franc fort réduit aussi le coût des approvisionnements à l'étranger», tempère Yves Flückiger.

Un double défi

L'économie suisse doit pour l'heure affronter un double défi, poursuit le professeur genevois. Outre l'appréciation du franc, elle doit composer avec les effets encore très incertains des conséquences de l'acceptation de l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse, le 9 février 2014.

Sans ces deux facteurs, les baisses du chômage constatées en février et en mars auraient été plus sensibles encore, assure Yves Flückiger. Dans le contexte de l'après-9 février, beaucoup d'entreprises sont découragées d'embaucher, ne sachant concrètement pas quelles mesures seront arrêtées par le Conseil fédéral. (ats)

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