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L'économie rejette la taxe climatique incitative

Sans surprise, les milieux économiques rejettent à l'unisson la taxe climatique incitative proposée jeudi par le conseiller fédéral Moritz Leuenberger.

Le WWF, l'ATE et les Verts exigent au contraire des mesures nettement plus drastiques.

L'économie et les organisations de transport préfèrent miser sur les prescriptions techniques et le négoce d'émissions. Aucun autre pays n'a adopté une taxe incitative pour réduire les émissions de CO2, écrit le Touring Club Suisse. Une telle mesure renchérirait les coûts de l'énergie et diminuerait la compétitivité du pays, selon lui.

Pour routesuisse (ex-Fédération routière suisse), la Suisse ferait mieux, outre l'adoption de mesures techniques, d'investir dans les pays en développement et en transition et de comptabiliser ces réductions dans le bilan des émissions indigènes.

Pour economiesuisse, c'est en effet dans ces pays que la plus forte augmentation des émissions est attendue et les coûts pour les diminuer y sont 10 à 20 fois plus bas qu'en Suisse.

Compétitivité

L'introduction unilatérale en Suisse d'une taxe sur le CO2 agirait négativement sur notre croissance et pénaliserait la compétitivité de la place économique suisse, déplore l'Union pétrolière. Une inquiétude que partage l'Union suisse des arts et métiers (USAM).

Le Département fédéral de l'environnement accepte consciemment une nouvelle détérioration des conditions cadres pour la place industrielle, renchérit Swissmem (industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux).

WWF et Verts furieux

Le Fonds mondial pour la nature (WWF), l'Association transports et environnement (ATE) et les Verts sont furieux, car ils estiment que les objectifs de réduction du CO2 présentés jeudi sont totalement insuffisants.

Une réduction de seulement 1,5 % par année conduira la Suisse à un réchauffement climatique de cinq à six degrés, s'inquiète le WWF, pour qui une taxe d'incitation n'y changera rien. De plus, la Suisse reste largement derrière la courbe de réduction exigée au niveau international pour les pays industrialisés, ajoute-t-il.

Pour les Verts, le rapport présenté montre que la classe politique en Suisse ne prend pas la protection du climat au sérieux et néglige les préoccupations de la population.

Le rapport sur le climat considère qu'un réchauffement de 3 degrés est acceptable et que les coûts des mesures de protection climatiques en Suisse ne sont guère supportables. Ceci est inacceptable pour le Parti écologiste.

Initiative populaire

Les Verts exigent une réduction des émissions d'au moins 30 % d'ici 2020, comme le demande l'initiative populaire qu'ils ont lancée avec le Parti socialiste.

Même s'il salue la proposition de son ministre, le PS réclame en plus des mesures immédiates. Il demande ainsi au Parlement d'introduire tout de suite la taxe sur le CO2 sur les carburants prévue par la loi, a fait savoir Ursula Wyss, la présidente du groupe socialiste aux Chambres, dans un communiqué. Une partie des recettes doit être utilisée pour développer les transports publics.

Reporter la mise en oeuvre de la taxe sur les carburants ne fera qu'exacerber le problème et augmenter son montant, estime l'ATE.

SDA/ATS

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