Attentat de Lockerbie: L'Ecosse annoncera sous peu si elle libère Megrahi
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Attentat de LockerbieL'Ecosse annoncera sous peu si elle libère Megrahi

Le gouvernement écossais doit annoncer jeudi sa décision sur le sort d'Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie (Ecosse) atteint d'un cancer en phase terminale, dont Tripoli a demandé la libération pour raisons médicales.

Le ministre écossais de la Justice Kenny MacAskill fera part de sa décision à 13h00 locales (12h00 GMT) au siège du gouvernement régional d'Edimbourg, alors que les médias britanniques s'attendent à la libération du Libyen à l'approche du ramadan.

Cette décision devrait avoir une forte résonance internationale après que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a plaidé pour que le Libyen reste en prison.

M. MacAskill dispose de trois options quant à l'avenir de Megrahi: sa libération pour raison de santé, son transfèrement vers une prison libyenne ou son maintien en détention.

Megrahi a été condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 27 ans pour l'attentat contre un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am, qui a explosé le 21 décembre 1988 au-dessus de Lockerbie, une petite ville d'Ecosse, faisant 270 morts, en majorité américains.

Le Libyen de 57 ans, qui purge sa peine à la prison de Greenock, près de Glasgow (ouest de l'Ecosse), a déposé le mois dernier une demande de libération pour raisons médicales. De son côté, Tripoli a sollicité en mai son transfèrement dans une prison libyenne en vertu d'un accord signé entre Londres et la Libye.

Son transfèrement vers une prison libyenne n'est possible que si aucune action judiciaire le concernant n'est en cours.

Megrahi a officiellement renoncé mardi à un nouvel appel, après celui perdu en 2002, afin de faciliter la procédure du transfèrement mais il reste encore un obstacle, sous la forme d'un appel du parquet toujours en suspens.

La libération pour raisons de santé est en revanche possible quand bien même il resterait un appel en cours.

Un cancérologue ayant examiné Megrahi en juillet dans sa prison près de Glasgow (Ecosse), a estimé mardi que le Libyen «n'a plus que très peu de temps à vivre». Son cancer s'est «largement répandu» et il ne réagit plus au traitement, a indiqué le professeur Karol Sikora.

Frank Duggan, président de l'association Victimes du vol Pan Am 103, qui représente les familles des victimes américaines a exprimé jeudi sa déception face à la libération attendue, sur la BBC radio Four.

«Même s'il est en train de mourir, il était supposé passer le reste de sa vie en prison en Ecosse et ce n'est pas le cas, il retourne en Libye», a-t-il déploré.

Saad Djebbar, chercheur au Centre pour les études africaines de l'université de Cambridge, qui a travaillé aux côtés du gouvernement libyen dans cette affaire, a au contraire dit son soulagement, persuadé que M. Megrahi était un faux coupable «condamné pour de fausses raisons».

La Libye, dont les relations avec les Occidentaux se sont réchauffées depuis qu'elle a renoncé aux armes de destruction massive en 2003 et accepté de verser des compensations aux familles des victimes de l'attentat, avait averti que Londres pourrait subir des conséquences économiques si Megrahi n'était pas libéré.

La Libye, qui a les plus grandes réserves de pétrole prouvées d'Afrique, a signé d'important contrats d'exploration avec des compagnies britanniques, dont BP et Shell ces dernières années. (afp)

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