Norvège: L'éducation sexuelle des réfugiés, une bonne idée?
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NorvègeL'éducation sexuelle des réfugiés, une bonne idée?

Afin de prévenir les viols, le pays propose des cours à l'intention des migrants. En Suisse, l'idée est diversement appréciée.

par
Christine Talos
Pour nombre de réfugiés, les tenues vestimentaires des femmes occidentales sont mal perçues.

Pour nombre de réfugiés, les tenues vestimentaires des femmes occidentales sont mal perçues.

Keystone

Non, un baiser ne conduit pas automatiquement à un rapport sexuel. Non, les femmes légèrement vêtues ne sont pas à la recherche d'une aventure. Non, les images du «sexe faible» véhiculées par la publicité n'ont rien à voir avec la réalité. Autant de visions que peuvent avoir certains réfugiés ou requérants d'asile. La Norvège a donc décidé de corriger ces perceptions via des cours d'éducation sexuelle.

But de cette formation: faire comprendre des moeurs qui peuvent paraître inhabituelles à certaines cultures. Et surtout, in fine, éviter de potentielles violences envers les femmes, a expliqué une responsable norvégienne qui gère 34 centres d'asile. Selon elle, le plus difficile est d'éviter l'amalgame auprès du grand public entre requérants et criminels.

La Norvège a lancé cette idée après une série de viols dans la ville de Stavanger en 2011, explique le Blick. La plupart avait été imputable à des requérants. Mais un autre pays nordique aimerait lui emboîter le pas aujourd'hui: le Danemark. Tant à gauche qu'à droite, on réclame également ces cours.

Suisses partagés

Quant à la Suisse, le modèle fait réagir. «C'est une bonne idée que de transmettre ces bases élémentaires de notre culture aux jeunes hommes», estime la conseillère nationale socialiste bâloise Silvia Schenker, qui est également travailleuse sociale au sein de l'autorité de tutelle de son canton. «De nombreux réfugiés ont une image différente de la femme. Ces cours ne peuvent donc pas faire de mal», pense-t-elle.

Mais du côté de l'UDC en revanche, on est fermement opposé à ces cours.« Ils vont faire gonfler notre industrie du social», estime le conseiller national zurichois Alfred Heer. Le politicien estime qu'il serait de très loin «préférable de limiter le nombre de migrants en Suisse. »

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