Actualisé 27.10.2009 à 11:36

FranceL'Eglise de Scientologie condamnée pour escroquerie

L'Eglise de Scientologie en France et un de ses principaux dirigeants, Alain Rosenberg, ont été condamnés mardi à 630.000 euros d'amende pour escroquerie en bande organisée par le tribunal de Paris, qui l'a toutefois autorisée à poursuivre ses activités.

L'Eglise de scientologie risquait dans ce procès l'interdiction de certaines de ses activités en France.

Les deux principales structures françaises de l'Eglise, le Celebrity Centre et sa librairie, la SEL, ont été condamnées à des amendes respectives de 400.000 euros et 200.000 euros.

Alain Rosenberg, qualifié par le tribunal correctionnel de Paris de «dirigeant de fait» de l'association spirituelle, a lui été condamné à deux ans de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende.

La Scientologie a annoncé qu'elle ferait appel de cette condamnation.

Le tribunal a jugé qu'une «très forte amende» était «plus opportune» qu'une interdiction pure et simple des activités de l'Association spirituelle.

«L'interdiction d'exercer risquerait d'engendrer une poursuite de l'activité hors du cadre légal», a estimé la présidente de la cour.

Par ailleurs, le tribunal a insisté sur le fait que les deux structures scientologues devraient diffuser le jugement très largement. Il devra ainsi être publié sur des journaux français mais aussi étrangers.

Dans ce dossier, la justice reprochait aux structures françaises de la Scientologie, ainsi qu'à six scientologues, d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité.

L'affaire avait débuté par la plainte d'une femme, fin 1998. Abordée par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, elle avait fini par dépenser 20.000 euros pour des cours «de communication et de réparation de vie», l'achat de livres, de médicaments et d'un «électromètre», un appareil électrique censé mesurer la «charge mentale» présente chez les patients.

Considéré comme une religion aux Etats-Unis, le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard a été classé parmi les sectes, en France, dans un rapport parlementaire de 1995. Ce rapport n'a jamais été actualisé depuis. La Scientologie a connu de nombreux démêlés avec la justice.

Le 15 juin, le parquet avait requis la dissolution des deux structures, une amende de 4 millions d'euros et des peines de prison avec sursis contre les principaux prévenus. Mais cette dissolution était en fait inapplicable.

En effet, une modification de la loi intervenue le 12 mai, mais passée inaperçue jusqu'en septembre, ne permet plus de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie.

Cette information avait provoqué en septembre un tollé, les détracteurs de la Scientologie accusant l'organisation d'avoir «infiltré» l'Assemblée nationale, voire la Chancellerie, et piloté cette modification législative.

L'organisation, qui revendique 12 millions d'adeptes dans le monde et 45.000 dans l'Hexagone, fonde son action sur la dianétique, une «science» qui permettrait d'accéder au bonheur en se purifiant des éléments mentaux négatifs. (afp)

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