Burundi: L'Eglise se retire du processus électoral
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BurundiL'Eglise se retire du processus électoral

L'Église catholique se retire du processus électoral au Burundi à une semaine des élections législatives et alors que le pays est plongé dans une grave crise politique.

«Après avoir considéré la manière dont ces élections sont organisées et leur évolution actuelle (...), nous, évêques de l'Eglise catholique, avons estimé qu'il convenait que les prêtres démissionnent et cèdent leur place à ceux qui peuvent continuer le travail», a dit la conférence des évêques burundais.

De nombreux prêtres occupent des fonctions importantes au sein des commissions électorales au niveau des provinces et des communes du pays. Malgré son retrait, l'Eglise catholique burundaise a rappelé que ces élections «constituent la seule bonne voie pour un renouvellement des institutions».

Trois scrutins prévus

Cette annonce pénalise encore un peu plus des élections législatives et communales censées avoir lieu le 5 juin, suivies du scrutin présidentiel le 26 juin, puis des sénatoriales le 17 juillet.

La Commission électorale (CÉNI) «prend acte de cette décision (de l'Eglise) et va s'organiser en conséquence», a commenté son porte-parole. «Nous sommes dans la logique d'organiser les législatives et les communales le 5 juin», a-t-il aussi affirmé.

L'Union européenne (UE) a elle annoncé jeudi la suspension de sa mission d'observation électorale, la situation actuelle «ne permettant pas la tenue d'élections crédibles».

Et dans la nuit une majorité des quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, à l'exception notable de la Russie, s'est prononcée pour un report des scrutins.

Violences récentes

Suspendu ce week-end après l'assassinat d'un leader de l'opposition, le «dialogue politique» a lui repris dans l'après-midi, sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine (UA).

Ces discrètes négociations entre le camp présidentiel et les opposants se limitent pour l'instant à la gestion des manifestations et la réouverture des radios privées. Mais elles n'abordent pas la question du troisième mandat de M. Nkurunziza.

Le pouvoir fait face à un vaste mouvement de contestation populaire, avec des manifestations quotidiennes dans les rues de Bujumbura, émaillées de nombreux affrontements avec la police.

Plus d'une trentaine de tués auparavant

Les violences ont fait plus d'une trentaine de tués en un mois. Jusqu'ici concentrées dans la capitale, des manifestations ont également été signalées en province, avec là aussi une sévère répression policière.

Mercredi, l'opposition avait jugé «impossible» l'organisation des élections en raison du «désordre» et de l'insécurité dans le pays. Elle avait appelé la communauté internationale à ne pas «cautionner» un «hold-up électoral» au risque d'«une prévisible guerre civile».

Les chefs d'Etat des pays d'Afrique de l'Est se réuniront dimanche en Tanzanie, à Dar es Salaam, pour tenter de trouver une position commune sur la crise.

Manifestation

Ils devraient à nouveau demander un report des élections, à défaut de se prononcer publiquement sur la question du troisième mandat, dont le camp présidentiel a d'ores et déjà prévenu qu'elle était non négociable.

Jeudi, les manifestations ont repris dans les habituels quartiers contestataires, malgré l'imposant dispositif policier déployé depuis plusieurs jours. Les policiers occupent les grandes avenues et tirent sur tout rassemblement suspect.

Près de 2000 personnes ont assisté aux funérailles d'un adolescent tué la veille par la police, dans la province de Bururi (sud-est). Et ces personnes ont marché dans le calme. (afp)

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