Actualisé 01.11.2015 à 09:14

Crash en EgytpeL'EI a-t-il vraiment pu abattre l'A321 russe?

De multiples hypothèses sont envisagées pour expliquer le crash survenu samedi, des spécialistes se montrent sceptiques face à la revendication terroriste du groupe jihadiste.

Les spécialistes en aéronautique se montraient sceptiques samedi face à la revendication du groupe jihadiste Etat islamique (EI) d'avoir abattu l'avion russe dans le Sinaï, à l'est de l'Égypte, faisant 224 morts. Ces experts privilégiant d'autres hypothèses telles que la défaillance technique ou une bombe embarquée à bord. Que l'EI ait pu atteindre l'appareil à 9000 mètres d'altitude paraît peu crédible.

«C'est de la communication pure et simple», a expliqué à l'AFP Gérard Feldzer, ancien directeur du musée de l'Air et de l'Espace. Un tel scénario nécessite une «grosse logistique» dont un camion-radar traqueur et des missiles longue portée, et les membres de l'EI «n'ont pas le matériel pour déglinguer un avion à 9000 mètres d'altitude», selon M. Feldzer. Reste que le groupe jihadiste est très implanté dans cette zone depuis plusieurs mois.

«Des choses qui se préparent»

«Cela suppose des personnes entraînées et un équipement que l'EI n'a pas à ma connaissance», a renchéri Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA). Il n'est «pas impossible» que l'avion, s'il a subi une défaillance technique, soit descendu à plus basse altitude, et qu'il ait ensuite pu être repéré par un missile à courte portée mais, estime M. Troadec, ce «sont des choses qui se préparent, ils ne se disent pas: tiens un avion, on va tirer dessus».

Le ministre russe des Transports, Maxime Sokolov, a rapidement rejeté la revendication de l'EI. Et selon un responsable de l'autorité de contrôle de l'espace aérien en Égypte, le capitaine s'est plaint d'une défaillance technique des équipements de communication. Toutefois, selon un communiqué de Metrojet, l'appareil en question avait subi un contrôle technique complet en 2014.

L'agence en charge du secteur aérien, Rosaviatsia, a également indiqué aux agences russes ne disposer d'«aucune raison de considérer que la cause de la catastrophe soit un problème technique ou une erreur de l'équipage». Les conditions météo étaient plutôt bonnes et le commandant de bord, Valéri Nemov, avait plus de 12 000 heures de vol au compteur dont 3 860 sur A321. Les deux boites noires de l'avion ont été retrouvées et devraient livrer de nouveaux éléments.

(20 minutes/afp)

163 corps retrouvés jusqu'ici

Les secouristes égyptiens ont élargi dimanche le périmètre de leurs recherches pour retrouver les 61 corps qui manquent encore parmi les 224 occupants de l'avion charter russe qui s'est écrasé la veille dans le désert du Sinaï. Le doute subsiste sur l'origine du crash.

Les autorités égyptiennes avaient annoncé samedi avoir trouvé des débris et des corps dans un cercle s'étendant sur 8 km de rayon, ce qui, selon des experts, indique a priori que l'Airbus de la compagnie russe Metrojet n'avait pas touché le sol en un morceau mais s'était disloqué ou avait explosé en vol.

Le périmètre a été étendu dimanche à 15 km, a indiqué un officier de l'armée participant aux recherches. Selon lui, 163 corps ont déjà été retrouvés sur les 217 passagers et 7 membres d'équipage.

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