Syrie: L'EI n'est plus qu'à 1 km des ruines de Palmyre

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SyrieL'EI n'est plus qu'à 1 km des ruines de Palmyre

L'armée syrienne a dépêché des renforts vers la ville antique. Leur mission: repousser les jihadistes de l'EI qui se trouvaient vendredi tout près du site antique.

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29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

Osamah Waheeb
31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

Keystone/AP
24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

Thaier Al-sudani

«Les jihadistes se trouvent désormais à 1 km du site archéologique de Palmyre», a affirmé vendredi Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cette ONG proche de l'opposition rapporte des combats autour de la ville.

«Le régime a envoyé des renforts vers la ville et l'armée de l'air bombarde les environs de Tadmor», nom de la cité en arabe, a-t-il poursuivi. Le site, célèbre pour sa colonnade romaine et ses tours funéraires, est situé dans le sud de la ville de Palmyre.

Les combats ont fait 138 morts parmi les combattants, soit 73 soldats et 65 jihadistes, depuis que l'EI a pris mercredi une série de postes de l'armée à l'extérieur de la ville. Selon l'OSDH, l'EI a en outre exécuté 26 civils, dont dix par décapitation «pour collaboration avec le régime».

De son côté, Talal Barazi, gouverneur de la province de Homs (centre) dont fait partie Palmyre, a affirmé que la situation était «sous contrôle». Selon lui, «l'armée a envoyé des renforts et l'armée de l'air bombarde les positions» de l'EI.

D'après lui, la ville intra muros compte près de 35'000 habitants et déplacés qui s'y sont installés depuis le début du conflit il y a quatre ans. Au total, plus de 100'000 personnes peuplent la région de Palmyre, selon l'OSDH.

Unesco très inquiète

«Nous sommes très inquiets», a affirmé de Beyrouth Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, qui a inscrit en 1980 le site sur la liste du patrimoine de l'Humanité. Elle a appelé «toutes les parties prenantes à protéger» cette oasis, évoquant de précédentes destructions par l'EI de trésors archéologiques en Syrie et en Irak.

L'EI s'est vanté ces derniers mois d'avoir détruit ou endommagé plusieurs grands sites archéologiques. Ce sont notamment ceux de Nimroud et de Hatra en Irak.

La Coalition de l'opposition en exil a également mis en garde contre un «crime contre la civilisation» que pourrait commettre l'EI à Palmyre. Elle a aussi accusé le régime de ne pas faire assez pour protéger ce site vieux de plus de 2000 ans.

Le directeur des Antiquités et des musées syriens, Maamoun Abdelkarim, a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour empêcher une éventuelle destruction de Palmyre. Ce qui serait «une catastrophe internationale».

«Perle du désert»

Palmyre, baptisée «la perle du désert», a été une ville caravanière et un des plus importants foyers culturels du monde antique. Sa célèbre reine, Zénobie, a tenu tête à l'Empire romain.

Depuis le début du conflit en Syrie il y a quatre ans, ce site de Syrie a subi des pillages et quelques dommages en raison des combats entre armée et rebelles.

Avancée en Irak

A plusieurs centaines de kilomètres à l'est de Palmyre, l'EI a hissé vendredi son drapeau sur le gouvernorat de Ramadi, chef-lieu de la province irakienne d'Al-Anbar situé 110 kilomètres à l'ouest de Bagdad. Les djihadistes ont revendiqué la prise de la ville via les haut-parleurs des mosquées.

Dans son bulletin radiophonique quotidien, l'EI a affirmé avoir tué 13 soldats près de Ramadi et exécuté 14 combattants tribaux sunnites dans le centre-ville. Les combats se poursuivent toutefois dans certains quartiers.

«La ville n'est pas tombée. La bataille contre Daech (groupe Etat islamique en arabe) se poursuit», assure Sohaïb al Raoui, gouverneur de la province d'Al-Anbar, sur Twitter. Les djihadistes avaient déjà assiégé Ramadi l'an dernier.

Deux capitales

Si la reprise de Ramadi par l'EI se confirme, les djihadistes contrôleraient les capitales de deux des plus grandes provinces d'Irak. Mossoul, la capitale de la province de Ninive, voisine d'Al-Anbar, est aux mains des djihadistes depuis juin 2014.

Des sources de sécurité irakiennes ont en outre confirmé la prise par les djihadistes de la localité de Joubbah. Celle-ci est située à 180 kilomètres au nord-ouest de Bagdad et près de la large base aérienne d'Al-Assad où des centaines de conseillers militaires américains sont stationnés. (ats)

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