Actualisé 17.03.2020 à 08:36

Coronavirus

L'élan de solidarité s'étend et cherche à se réajuster

Les nombreuses offres spontanées de service qui ont fleuri sur internet ces derniers jours trouvent parfois preneur, mais comportent aussi des risques et des questions. Des applications et des institutions s'organisent pour réajuster l'offre.

de
Pauline Rumpf
Silviajansen

Dans les premiers jours de l'état d'urgence, l'élan de solidarité qui a grandi sur internet a été immense. De nombreux groupes locaux se sont créés pour que chacun puisse proposer ou demander des services de courses, promenade d'animaux ou garde d'enfants. Toutefois, ces offres sont souvent restées lettre morte, rapidement enfouies sous le flot de propositions ou destinées à des personnes non connectées à internet. En outre, les offres de garde d'enfant peinent à se concrétiser, les parents étant peu enclins à confier leurs enfants à des inconnus. Sur Facebook, on retrouve aussi toujours plus de directives pour éviter le risque de contamination par des volontaires se rendant chez des personnes fragiles.

Des communes solidaires

Plusieurs acteurs tentent de contourner ces problèmes. A Vevey (VD), l'élu socialiste Julien Rilliet a créé une application recensant les offres sur une carte, dans le but de rapprocher les aidants des aidés. «On y trouve directement un numéro de téléphone, ce qui fait qu'on peut organiser à distance de l'aide pour ses parents âgés avec des gens du coin, explique-t-il.

Concernant la garde d'enfant, si on trouve un voisin qui propose ses services, il y a des chances qu'on le connaisse déjà, ce qui minimise les risques. Même s'il faut bien sûr toujours rester vigilant.» Sa webapp baptisée «Vevey Solidaire» est open-source et peut donc être adaptée par chacun dans sa région; c'est le cas par exemple à Bulle (FR), Onex (GE), Savièse (VS) ou Delémont (JU), grâce à des privés mais aussi des autorités.

«La responsabilité des parents reste engagée»

Comme lui, la Croix-Rouge se creuse la tête pour proposer des services sûrs et adaptés aux parents qui auront besoin de solutions de garde. Au niveau national, elle propose notamment une app permettant de créer des liens avec des personnes connues de son quartier.

«Ce n'est pas évident, tout change tous les jours et notre personnel est de plus en plus limité, mais nous avons un bon réseau de base, indique Valérie Ugolini, responsable de l'aide aux familles à la Croix-Rouge Fribourg. Nous sommes en train de définir les besoins à court et moyen terme, et comment y répondre». Cette dernière est en train de sonder sa liste de baby-sitter pour définir les disponibilités en journée. Pour la renforcer, elle envisage des partenariats avec les étudiants en travail social, et si possible demandera des bénévoles qui peuvent fournir des extraits de casier judiciaire. «Mais de tels documents peuvent être difficiles à obtenir dans les conditions actuelles... La responsabilité des parents reste engagée, nous ne pouvons pas être une garantie totale.»

La question du salaire est aussi un enjeu. «Il est clair que de nombreux parents n'auront pas la possibilité de dépenser beaucoup pour faire garder leurs enfants, notamment parce que leur salaire n'est actuellement pas garanti, poursuit Valérie Ugolini. Or de nombreuses offres spontanées sur Facebook demandent un tarif trop élevé.» Elle précise toutefois que certaines entreprises participent parfois à ce financement afin que les parents puissent venir travailler, et espère que cette possibilité sera offerte aux travailleurs ces prochaines semaines.

Ça roule dans les écoles vaudoises

Au jour 1 de la fermetures des écoles, la situation semble satisfaisante, indique Julien Schekter, porte-parole du département vaudois de la formation. «Les parents ont bien compris la situation et ont été exemplaires», se réjouit-il. Seuls 500 enfants, principalement de parents travaillant dans les soins ou la sécurité, se sont rendus à l'école. A l'inverse, quelque 1500 enseignants se sont portés volontaires pour les encadrer, et intégreront donc un tournus. En cas de manque, les étudiants de la HEP pourront y suppléer.

Les écoles ont également reçu des propositions d'aide privées, mais n'a pas pu y donner suite. «On a déjà assez de volontaires formés, donc le mieux que les gens puissent faire, c'est s'organiser avec leur famille ou leurs voisins pour que les enfants puissent rester à la maison», poursuit Julien Schekter.

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