Actualisé 15.10.2012 à 10:49

Blanchiment franco-suisse

L'élue n'y «est pour rien» mais se retire

Une élue parisienne, soupçonnée d'avoir mis à disposition de trafiquants son compte suisse, a été mise en examen pour blanchiment dans le coup de filet contre un réseau de blanchiment d'argent en France et à Genève. Elle a démissionné.

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cga
L'élue est adjointe au Maire dans le 13e arrondissement de Paris.

L'élue est adjointe au Maire dans le 13e arrondissement de Paris.

Une élue parisienne d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) est soupçonnée d'être liée à un vaste réseau de blanchiment d'argent provenant d'un trafic de drogue. Adjointe au maire du XIIIe arrondissement de Paris, Florence L. a été interpellée et entendue cette semaine dans le cadre d'une importante opération de démantèlement d'un réseau de blanchiment de fonds liés au trafic de drogue, indique une source proche du dossier, confirmant une information d'Europe 1.

400'000 euros en liquide à son domicile

Une perquisition au domicile de Florence L., adjointe au maire du XIIIe arrondissement, chargée du développement durable et de l'environnement, a permis aux enquêteurs de retrouver 400'000 euros en liquide, a précisé cette source. Elle est soupçonnée d'avoir touché cette somme, provenant du trafic de drogue, en échange de la mise à disposition d'un compte bancaire dont elle disposait en Suisse. Mise en examen samedi par les magistrats chargés du volet de l'enquête en France, l'adjointe au maire a été libérée sous caution. Le maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet (PS), lui a demandé «de se mettre en retrait de ses fonctions d'élue», ce qu'elle a accepté de faire.

Un système bien rodé

Quand elle avait besoin d'argent liquide, l'élue, architecte de profession, appelait sa banque à Genève tenue par une famille spécialisée dans le blanchiment, précise la radio. Quelques heures plus tard, un livreur apportait le montant en cash dans un bar de la capitale française. Lors de sa garde-à-vue, Florence L. a nié avoir connaissance de ce réseau de blanchiment d'argent. «Mais ce n'est pas forcément en sa qualité d'élue qu'elle a pu intervenir dans ce trafic», nuance un magistrat au «Figaro». L'enquête devra déterminer si elle pensait juste profiter d'une combine pour rapatrier, sans payer d'impôt, des fonds cachés à l'étranger.

«Elle n'y est pour rien»

Yves Contassot, élu EELV du XIIIe arrondissement de Paris, a indiqué aujourd'hui à l'AFP que sa collègue Florence L. lui avait assuré qu'elle «n'était absolument pour rien» dans la vaste affaire de blanchiment d'argent de la drogue dans laquelle elle est mise en examen. «Elle m'a dit par SMS qu'elle n'y était absolument pour rien», a précisé l'élu. Sur France Info, ce dernier assure que cette affaire est «une grosse surprise», car l'élue des Verts est quelqu'un de «discret».

Son avocat dénonce une erreur judiciaire

Un réseau complexe

Une vingtaine de personnes ont été interpellées dont 17 en France et trois à Genève en Suisse, a indiqué le procureur de Paris. Au total, neuf personnes ont été mises en examen vendredi pour «blanchiment d'argent en bande organisée» et «association de malfaiteurs» et placés sous contrôle judiciaire après le règlement d'une caution.

A l'origine de cette affaire, une enquête lancée à Nanterre en février, et transférée à Paris, a mis au jour un réseau d'importation de cannabis entre le Maroc, l'Espagne et la région parisienne. Ce réseau avait déjà importé plus de huit tonnes de cannabis à cette époque et le produit de ce trafic était blanchi via «une machinerie complexe», selon le Parquet.

Des millions de francs saisis en France et en Suisse

Cette structure partait de l'organisateur du trafic de drogue en France, qui remettait les bénéfices à des collecteurs de fonds qui les transmettaient à un collecteur central. Ce dernier payait les trafiquants espagnols et réinjectait la plus grande partie des fonds dans un circuit de blanchiment «orchestré depuis plusieurs années avec plusieurs membres de sa famille», selon le Parquet.

Ces espèces étaient remises à des clients souhaitant disposer d'argent liquide en France et ayant des comptes ouverts en Suisse dans une société financière «appartenant à la famille des blanchisseurs». «Les principaux protagonistes suspectés d'avoir organisé ce réseau sont des citoyens suisses de Genève et français de Paris, appartenant à la même famille d'origine marocaine», avait précisé le Ministère public genevois.

Ces sommes étaient in fine transférées sur des comptes bancaires à l'étranger pour revenir aux organisateurs du trafic. En France ont été notamment saisis plus d'un million d'euros en espèces et deux photos d'art d'une valeur d'un million d'euros ainsi que des armes. À Genève, les policiers ont mis la main sur plus d'un million de francs suisses, ainsi que des bijoux de grande valeur estimés à près de 2 millions de francs suisses, selon les autorités helvétiques. (cga/afp)

Neuf personnes mises en examen

Neuf personnes, dont une élue parisienne EELV, ont été mises en examen pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire. Huit d'entre eux, dont l'élue Florence L., adjointe au maire du XIIIe arrondissement de Paris, sont placés sous contrôle judiciaire avec un cautionnement allant de 80'000 à un million d'euros, a précisé cette source.

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