Actualisé 24.06.2013 à 20:28

Succession

L'émir du Qatar va abdiquer au profit de son fils

L'émir s'apprête à confier à son fils le pouvoir dans ce richissime émirat gazier à la diplomatie internationale très active. Le pays s'est notamment particulièrement illustrée depuis le début du Printemps arabe.

Le prince héritier, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, sera nommé émir mardi.

Le prince héritier, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, sera nommé émir mardi.

Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani «s'est réuni avec la famille régnante et les notables, et les a informés de sa décision de remettre le pouvoir au prince héritier, cheikh Tamim ben Hamad Al Khalifa», a indiqué lundi la chaîne Al-Jazeera. L'émir doit prononcer mardi à 08h00 (07h00 suisses) un discours à la nation, a indiqué le palais dans un communiqué, ajoutant que mardi serait un jour de congé officiel.

Le palais du Qatar a confirmé en soirée que le prince héritier, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, allait être nommé émir et a appelé les citoyens à lui prêter allégeance. Dans un communiqué, le palais précise que les Qataris sont invités mardi et mercredi à «prêter allégeance à son altesse cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, comme émir du pays».

L'actuel émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, devra par conséquent annoncer son abdication en faveur de son fils, qui sera le plus jeune souverain d'une monarchie du Golfe. Si l'émir annonce son abdication, il s'agira d'une première dans ce pays et dans l'histoire récente du monde arabe, où aucun souverain n'a jamais renoncé au pouvoir de son plein gré.

Pays le plus riche

Pays le plus riche au monde en termes de PIB par habitant, le Qatar s'est imposé au fil des dernières années comme un acteur majeur sur l'échiquier régional et mondial, tant au plan diplomatique qu'économique. Sa puissance financière lui a permis notamment d'investir massivement dans les domaines de l'hôtellerie et du sport et de mettre la main sur le club de football français emblématique du PSG.

Son rôle est aussi amplifié par sa chaîne satellitaire Al-Jazeera. Doha bruisse de rumeurs depuis plusieurs semaines sur un prochain départ du premier ministre et d'importants changements à la tête du pays. Plusieurs noms circulent pour diriger un nouveau gouvernement, dont ceux du ministre d'Etat à l'Intérieur, cheikh Abdallah Ben Nasser Al-Thani, et du vice-premier ministre, Ahmed Ben Abdallah Al-Mahmoud. Mais la discrétion est totale du côté officiel.

Encourager la nouvelle génération

Des responsables qataris et des diplomates avaient déjà indiqué à l'AFP à la mi-juin que l'émir se préparait à transférer le pouvoir à son fils dans ce pays qui a encouragé le Printemps arabe.

«L'émir est convaincu qu'il doit encourager la nouvelle génération. Il compte transférer le pouvoir au prince héritier, cheikh Tamim, et effectuer un remaniement ministériel pour nommer un grand nombre de jeunes au conseil des ministres», avait indiqué un responsable qatari qui a requis l'anonymat.

Selon Neil Partrick, analyste spécialisé dans les pays du Golfe, le prince héritier «a déjà la responsabilité de plusieurs dossiers sensibles de politique étrangère», et il «ne devrait pas décider de changements importants sans consulter son père».

Artisan du Qatar moderne

L'émir, né en 1952 et arrivé au pouvoir en 1995 par une révolution de palais, est l'artisan du Qatar moderne et a fait de cet Etat un acteur incontournable sur la scène internationale. Né le 3 juin 1980, cheikh Tamim, deuxième fils de l'émir et de cheikha Moza, sa deuxième épouse, est le commandant en chef adjoint des forces armées.

Il préside le comité olympique et contrôle l'important dossier du Mondial-2022 de football que ce pays doit accueillir. Au cours des trois dernières années, l'émir lui a progressivement confié les dossiers de l'armée et de la sécurité, selon une source diplomatique.

Quant au premier ministre, cheikh Hamad Ben Jassem, il a joué un rôle important dans la politique étrangère volontariste du Qatar, qui a participé à l'intervention armée en Libye et soutient activement les rebelles contre le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Un responsable qatari qui a requis l'anonymat a exclu que son rôle soit terminé, estimant «qu'il demeurera influent du moins en coulisses et dans le dossier des investissements du Qatar à l'étranger». (ats)

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