Guantanamo: L'émissaire américain Daniel Fried à Berne pour les ex-détenus
Actualisé

GuantanamoL'émissaire américain Daniel Fried à Berne pour les ex-détenus

Le «Monsieur Guantanamo» du Département d'Etat américain Daniel Fried était en visite officielle vendredi à Berne.

A cette occasion, les responsables suisses ont répété que la Confédération étudiait la possibilité d'accueillir d'anciens détenus du camp américain.

A l'occasion de son passage dans la ville fédérale, M. Fried a rencontré le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Michael Ambühl. Peu d'informations ont filtré à l'issue de l'entretien.

La Suisse «salue la volonté de l'administration américaine de fermer Guantanamo». Elle étudie de quelle manière elle peut apporter sa contribution, a déclaré à l'ATS Jean-Philippe Jutzi, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Et d'ajouter: «des aspects sécuritaires et des questions de droit doivent en premier lieu être examinées».

Interrogé sur le nombre d'anciens détenus que la Suisse pourrait accepter, M. Jutzi n'a pas voulu donner de chiffres. «La Suisse étudie quelques cas spécifiques», a-t-il simplement indiqué.

»Ce n'est pas facile»

Du côté américain, Lisbeth Keefe de l'ambassade des Etats-Unis à Berne, s'est montrée très laconique. «L'envoyé spécial Daniel Fried a rencontré le secrétaire d'Etat Ambühl. Ils ont discuté de la fermeture de Guantanamo et fait un bref tour d'horizon d'autres sujets d'intérêt bilatéral», a-t-elle déclaré.

Dans un courriel adressé récemment à l'ATS, Mme Keefe avait salué le fait que la Suisse s'est dite prête à étudier la question d'un éventuel accueil de prisonniers détenus sur la base américaine. «Nous travaillons étroitement avec la Suisse ainsi qu'avec nos autres alliés afin de trouver une solution qui aidera à fermer Guantanamo», avait déclaré la porte-parole.

S'exprimant sur les ondes de la Radio Suisse romande, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a expliqué jeudi soir que ses services examinaient en ce moment «plusieurs dossiers» de détenus. «Nous allons prendre une décision dans quelques semaines. Nous travaillons en collaboration avec les autres pays européens».

Et la ministre de la justice d'ajouter: «Ce n'est pas facile. Il nous manque des documents concernant certains cas». Une allusion au fait que les dossiers fournis par les Etats-Unis sur les détenus «libérables» de Guantanamo sont parfois lacunaires, a expliqué à l'ATS Lukas Labhardt, de la section suisse d'Amnesty International.

Prisonniers «libérables»

Le président Barack Obama a promis de fermer Guantanamo - symbole des excès de la lutte antiterroriste lancée par le président George W. Bush - d'ici janvier prochain. Actuellement 229 hommes sont toujours détenus dans ce camp installé sur l'île de Cuba.

Or, l'administration américaine est confrontée à un consensus politique contre le transfert de ces détenus vers les Etats-Unis. La commission de la Défense de la Chambre des représentants a approuvé le budget du ministère de la Défense pour 2010 qui ne contient pas de fonds visant à financer des transferts de détenus.

Un paragraphe précise même qu'»il est interdit de transférer les détenus sans que le président (Barack Obama) n'ait présenté un plan sur les dangers potentiels pour les Etats-Unis, leurs territoires et possessions, sur la façon dont le président envisage d'atténuer ces risques et sur le sort de chaque détenu».

(ats)

Ton opinion